Gérer et supporter les « sales cons »

Personne : Est-ce que tu connais l’histoire du petit oiseau ? Mon grand-père me la racontait souvent
Jack Beauregard : Devenir grand-père, de mon temps, n’était pas à la portée du premier venu.
Le vieux : Oh Oh ! C’était difficile jeune homme, mais pas impossible.
Personne : Il était une fois un petit oisillon qui ne savait pas encore voler. On était en plein hiver et un soir, voilà qu’il tombe de son nid et il se retrouve sur le sentier. Alors il se met à crier: « Pui! Pui! Pui! ». Il se fend le gosier parce qu’il meurt de froid. Pour son bonheur, voilà qu’arrive une vache. Elle le voit et veut le réchauffer. Alors, elle soulève la queue et paf! Elle pose une belle galette fumante, grosse comme ça ! Le petit oiseau, bien pénard et bien au chaud, sort sa tête et remet ça « Pui! Pui! Pui! » plus fort qu’avant… Rrrrrrr! Mais un vieux coyote arrive au triple galop. Il allonge une patte, l’extrait délicatement de son tas de merde, essuie la crotte qui le recouvre et ensuite… il n’en fait qu’une bouchée! Mon grand-père disait qu’il y a une morale à cette histoire, mais qu’il faut que chacun la trouve tout seul!
Le vieux : Oh Oh ! un oisillon, un coyote, une galette, moi toutes ces histoires de merde ça me fait la tête comme une calebasse !
Jack Beauregard : Les fables et leur moralité tu y crois encore ?
Personne : Oui! Un homme, un vrai, doit croire en quelque chose.
Jack Beauregard : [Plus tard, à la fin du film] A propos, j’ai trouvé la morale de la fable que ton grand père racontait, celle du petit oiseau que la vache avait recouvert de merde pour le tenir au chaud et que le coyote a sorti et croqué… C’est la morale des temps nouveaux. Ceux qui te mettent dans la merde, ne le font pas toujours pour ton malheur et ceux qui t’en sortent ne le font pas toujours pour ton bonheur. Mais surtout ceci, quand tu es dans la merde, fermes ta gueule!

Cette réplique culte est tirée du western « Mon Nom est Personne«  (1973), écrit par Sergio Leone, Fulvio Morsella et Ernesto Gastaldi. J’ai toujours adoré le cinéma Western spaghetti, caractérisé par son coté sarcastique et ses histoires (pas totalement) dénuées de morale empreintes d’un humour qui fait basculer les drames dans du grand n’importe quoi. Loin de se cantonner à l’opposition de gentils contre méchants, c’est un genre cinématographique qui a cette particularité de ne pas glorifier l’humanisme, ne pas faire pas triompher l’ordre et la loi contre le mal et le chaos… L’individualisme et l’anarchie sont les piliers de ce monde de brutes où l’ordre est réglé par le revolver et la loi est celle du plus fort. La violence, l’argent et le sexe sont les moteurs omniprésents de l’action. Les pulsions sexuelles et les accès de violence des personnages sont primaires, les propos sont explicites et outranciers, la psychologie sommaire. Et pourtant…. Bref, je m’égare…

…Pour en revenir au titre de ce billet, avoir affaire aux sales cons qui semblent prendre un malin plaisir à vous chier dessus n’est jamais enviable. Mais il faudra bien s’y faire. Le monde est plein d’idiots. Bien sûr ! Tu n’as pas besoin de moi pour le savoir. Suffit de regarder autour de toi. Ils sont partout – dans le bureau d’à côté, sur la route quand tu es au volant; et il est même fort probable que l’un d’entre eux se planque dans ton propre appartement. Tu es de ceux qui passent leur temps à s’imaginer combien la vie serait facile si les gens autour de toi pouvaient pour une fois utiliser leurs neurones et faire tout simplement ce que tu attends d’eux ?  Tu peux toujours Rêver. Pendant que tu y es, profites en pour penser à ce que tu feras quand tu auras gagné au loto. 😀

Et tu te demandes toujours comment faire ton job et vivre ta vie dans un monde où la plupart des gens sont des idiots qui semblent n’avoir été créés que pour te faire chier? Ta réponse à cette question va, en grande partie, déterminer dans quelle mesure tu es heureux dans ton quotidien et dans la vie en général. Voici quelques options à considérer si tu te préoccupes vraiment des sales cons (si tu t’en fout, voici l’attitude à adopter) :

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Met toi en colère – Les idiots le méritent bien. Il t’arrive de dire ou de penser: « N’eut été -insère le nom de ton sale con favori ici – ma vie serait tellement plus facile et plus productive ». Bien sûr ! N’eut été la gravité, tu pourrais voler, aussi.

Rends la pareille – L’avantage de cette stratégie est son extrême simplicité. Tu n’as pas besoin d’être très intelligent pour l’utiliser, en fait, même les chimpanzés sont capables de saisir le concept. C’est dire ! Ce qui leur manque, c’est la connaissance de cette loi physique qui stipule que «Pour chaque action il y a une réaction égale et opposée». La mécanique cyclique ici est simple: fâches-toi, riposte, subit la contre-attaque.

Aide le pauvre abruti en lui expliquant ce qu’il fait mal – C’est comme cela que la plupart des gens ripostent sans même se l’avouer à eux-mêmes. Certains croient réellement qu’ils font une faveur aux autres en leurs démontrant leurs tords. Il y a une place spéciale dans l’au-delà réservé aux donneurs de leçons qui se croient plus saints que le Pape, et c’est beaucoup plus chaud que ce à quoi qui ils s’attendent. 😉

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Fait lui des réflexions tout le temps – Les gens peuvent changer suite à des critiques constantes, mais ils vont rarement changer de la manière dont tu t’attends. Continues donc d’essayer. Comme ça, tu pourras te convaincre que tu as fait tout ce qui était en ton pouvoir, mais puisque les idiots n’écoutent simplement pas, tu pourras te dire que tout ce qui lui arrive c’est bien fait pour sa gueule et qu’il l’a bien mérité.

Parle à qui veut l’entendre de ton imbécile préféré – Tu peux appeler tous tes potes et leur parler raconter tout ce que tu penses de ton idiot préféré. Je suis sûr qu’ils vont être intéressés. Les autres qui ne peuvent rien faire sympathiseront tout aussi bien. N’oublie pas, plus tu répètes une histoire à qui veut l’entendre, le mieux c’est.

Ne dis rien aux idiots eux-mêmes, mais pense à eux tout le temps – c’est la façon dont les gens créent tous seuls des symptômes physiques liés au stress. Les idiots autour de toi n’écoutent pas de de tout façon, mais ton psy lui, oui.

BONUS: Te sens-tu entouré d’idiots incompétents? Vois-tu tes collègues ou certaines personnes en particulier comme des concurrents? As-tu du mal à te réjouir de leurs succès? T’emportes-tu violemment contre les imbéciles et les losers qui encombrent ton espace? Aimes-tu relever les erreurs des autres ou envoyer de méchantes piques faussement innocentes? Vos échanges se concluent-ils fréquemment par des messages incendiaires?

Si tu répondu une majorité de oui à ces questions, alors tu fais probablement partie de cette fraction de la population que ce livre de Robert Sutton range dans la catégorie des « sales cons ».

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