Depuis que j’ai commencé à m’intéresser au travaux du généticien Prix Nobel de médecine le Dr. James C. Watson et à ses troublantes conclusions concernant la race et l’intelligence, je me suis demandé comment moi, en tant qu’étudiant d’Afrique noire, pourrait même commencer à répondre à de telles idées réactionnaires ? Comment un (futur) universitaire noir peut-il répondre aux commentaires de gens qui proclament l’incapacité fondamentale et génétique de certaines personnes à réussir normalement leurs études? Il parait même que nous sommes génétiquement programmés pour glander toute la journée sous un cocotier lorsqu’on n’est n’appartient pas à des gangs de délinquants.
Un petit rappel pour ceux qui n’ont pas suivi l’histoire à l’époque. Le 14 Octobre 2007, le Sunday Times de Londres publiait un entretien avec le Dr. Waston qui comprenait ce passage controversé.
Il dit qu’il est « intrinsèquement pessimiste quant à l’avenir de l’Afrique » car, et je le cite: « toutes nos politiques d’aides sont fondées sur le fait que leur intelligence est la même que la nôtre; alors que tous les tests montrent que ce n’est pas vraiment le cas, et je sais que cette « pilule amère » va être difficile à avaler« . Son espoir est évidement que tous les humains soient égaux, mais il explique que « les gens qui ont à traiter avec des employés noirs savent que ce n’est pas vrai« . Il dit qu’il ne faut pas discriminer sur la base de la couleur, car « il y a beaucoup de gens de couleur qui sont très talentueux, mais on ne doit pas les favoriser quand ils n’ont pas réussi au niveau inférieur« . Il écrit qu’ « il n’avait pas de raisons de s’attendre à ce que les capacités intellectuelles des peuples géographiquement séparés dans leur évolution se révèlent avoir évolué de manière identique. Notre intense désir considérer la capacité de raisonnement comme une sorte de patrimoine universel de l’humanité ne sera pas suffisant pour qu’il le soit« .
Je ne vais pas m’étaler sur l’analyse et le débat au sujet des observations spécifiques du Dr. Watson sur les races et l’intelligence. Son racisme est décevant mais pas surprenant, et ceux qui choisissent de dépenser leur énergie intellectuelle (et j’utilise ce terme vaguement) à discuter de l’infériorité génétique des nègres ne seront pas convaincus de l’égalité des peuples « afro-carribéens » même avec des arguments et des exemples les plus persuasifs. Il suffit de lire les commentaires sur certains sites web (pour ne pas les citer) pour juger du niveau des discussions. La croyance en l’infériorité des Noirs est moins axée sur la Science de l’Intelligence (qui soulève plus de questions sur la nature et la mesure des aptitudes intellectuelles qu’elle n’en a jamais répondu), que sur la politique, la culture, la différence, et la peur.
Le Professeur Biodun Jeyifo, un Afro-américain professeur à Harvard disait la même chose dans une bref interview publié à l’époque dans un journal universitaire :
Même si Jeyifo n’était violemment contre les commentaires de Watson, il n’était pas surpris par eux.
« Ce n’est pas nouveau, » déclarait Jeyifo dans un interview. « C’est un très petit groupe de scientifiques qui utilisent leur notoriété pour faire avancer les vues les plus régressives sur la race et l’intelligence. »
« Il se sert de son éminence scientifique pour avancer ses propres opinions politiques et sociales en tant que citoyen« , at-il ajouté.
Comme le Pr. Jefiyo, ce que je tiens à exprimer dans mon opposition au contenu spécifique de ce type de dérapages est de les prendre pour ce qu’elles sont : une tentative de promouvoir ses propres opinions racistes par dissimulation dans le langage de la pseudo science.
Ce qui est bien plus utile et intéressant pour moi ce sont les grandes questions soulevées par les dérapages de ce type. Comme nous le rappelle le Pr Jefiyo, le Dr Watson n’est pas seul dans son racisme, mais il fait plutôt partie d’un petit groupe d’érudits mais tenaces qui perpétuent des croyances racistes et eugénistes au sein de l’intelligentsia. Leur présence, tout en gênant est toléré en majorité, et bien que peu de professeurs veillent le reconnaître, leur croyance ( que les Noirs sont intellectuellement inférieurs aux Blancs) sous-tend une grande part du harcèlement et de discrimination que les enseignants et étudiants noirs vivent sur les campus universitaires d’aujourd’hui.
La nature extrême des expressions telles que celles de Mr Watson sur cette croyance doit attirer notre attention sur ses formes moins évidentes, qui se manifestent dans tous ces petits obstacles qui évoquent à la fois subtilement et pas si subtilement qu’une grande école ou un laboratoire de recherche universitaire n’est pas un espace pour les Noirs. Cependant, l’attitude diffère plus ou moins d’un pays à l’autre. Ça va du harcèlement par la police du campus aux USA qui prennent souvent des étudiants noirs pour des criminels ou des intrus, à la relégation des domaines tels que les études sur la colonisation au domaine du détail du programme d’Histoire en France, des suggestions sournoisement articulées aux étudiants noirs. Alors, à tous les jeunes les personnes d’ascendance africaine, et à tous ceux en Afrique qui à la quête du visa étudiant ou une bourse d’étude comme le saint Graal, entrez dans la communauté universitaire en étant tout à fait conscient des hypothèses qui prévalent sur l’intelligence des Black au sujet de la réussite.
Est-ce qu’une politique de tolérance zéro envers la recherche sur les liens entre la race, l’intelligence, et les réalisations servent en quelque sorte à diminuer la prévalence du racisme anti-Noirs sur certains campus? Comment la recherche peut elle être traitée comme telle plutôt que comme une justification de la haine? Comment des chercheurs noirs peuvent faire partie du monde universitaire comme de véritables chercheurs tout court quand l’Académie tolère (même comme une petite sous-spécialité et marginalisées dans les sciences de la vie et les sciences sociales) la recherche qui cherche à lier les capacités du cerveau et de l’identité ethnique.
Bien que je ne soit nullement surpris par les croyances James Watson, ses commentaires renforcent pour moi la réalité d’un changement fondamental dans la façon dont nous, les jeunes générations abordons les enjeux de la différence. Le 21ème siècle sera le siècle dans lequel la recherche sur les liens entre la race et l’intelligence seront rangées aux mêmes rangs que la sorcellerie, la phrénologie, et l’alchimie et toutes les pratiques et disciplines que nous avons jugé marqueuses de la barbarie et de l’ignorance des générations précédentes. je suis pour laisser de coté ces formes d’essais et de recherches qui finiront par disparaitre d’elles même, et passer à un avenir plus progressiste et plus pluraliste.





8 h 25 min
Super interesting post. Honestly..
0 h 13 min
Comment sa génétiquement, nous sommes des glandeurs? C’est quoi ces travaux a lui là? Nan mais toute façon, d’une façon ou d’une autre il y’a toujours un con qui fait des semblants de travaux pour déduires des choses bisards, a mon avis vu l’epoque des travaux, il n’a pas beaucoup cherché, il s’est juste basé sur l’etiquette qu’on colle souvents aux noirs, afin bref article intéressant!!
19 h 44 min
Il a raison , les noirs sont moins intelligent. Rien qu’une petite preuve : les differences de Q.I entre pays d’Afrique et les pays occidentaux !