« Eye in the Sky » : quand le cinéma aborde la question du dilemme moral

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« Eye in the Sky » est de ces films tellement d’actualité qu’on se demande forcement si la production ne sert pas à promouvoir une cause précise. Ce film sort en salles à un moment ou Barack Obama annonce avoir tué 150 personnes en Somalie récemment par frappe à l’aide de drones. A titre de rappel, la Somalie est un pays d’Afrique dans lequel les USA ne pas officiellement engagés militairement et ou le Congrès n’a approuvé aucune action militaire. Les morts ont bien sûr été labellisés « terroristes » bien qu’aucune vérification indépendante ne puisse être faite à ce sujet.

Le film donc, que j’ai découvert ce weekend, aborde dans le même contexte, la question des dilemmes moraux difficiles auxquels les decideurs trouvent souvent confrontés en temps de guerre. Dans quel contexte est-il moralement acceptable de sacrifier des vies innocentes pour en sauver d’autres ? Le film aborde également des nouvelles questions que soulèvent les progrès technologiques employés dans la lutte contre le terrorisme.

Dans l’histoire qui se déroule en Afrique (précisément à Nairobi au Kenya), un chef terroriste longtemps recherché est repéré avec d’autres complices grâces à des nouvelles techniques de surveillance ultramodernes utilisées par les forces américaines. Alors que ces derniers envisage une intervention visant à les capturer, la situation dégénère lorsqu’il s’avère que le groupe est en fait en pleine de préparation un attentat suicide et sur le point de frapper. La décision est alors prise de bombarder la maison dans laquelle se trouve lesdits terroristes, à l’aide de drones. Le plan est sur le point d’être mis à exécution mais la situation devient encore plus compliqué quand ils se rendent compte qu’en cas de bombardement, il y aura presque certainement des dommages collatéraux … pire, une jeune fille innocente se trouve à quelques mètres de la maison visée et sa mort est quasi certaine en cas de bombardement. S’en suit alors tout le long du film des discussions intenses entre politiciens, hauts gradés militaires et soldats en 1ere ligne qui nous offre une version cinématographique du dilemme du trolley. Sans prendre position, le film illustre simplement de façon dramatique comment la technologie, loin de répondre aux questions et nous aider à prendre des décisions, les rends juste plus difficiles.

Je ne vais pas spoiler le film (pour ceux qui ne l’ont pas encore vu). Juste me contenter de relever les bribes des dialogues particulièrement intéressants.

Colonel: We’ve got two suicide bombers inside that house and no one wants to take responsibility for pulling the trigger!

James: You would save and risk 80 others?

Angela: Yes, I would do. I’d rather point to Al Shebab as murderers of innocent people, rather than ourselves as killers.

Attorney: If they kill 80 people we win the propaganda war. If we kill one child, they do.

Colonel: Are the lives of 80 people really worth the propaganda war?

James: Imagine footage of the attack being leaked. We would appear as the bad guys.

Colonel: We have to make the right military decisions here… I can’t be fueled by fears about political postings on YouTube.

James: No offense, but wars have been fueled by postings on YouTube.

Colonel: You have your order, lieutenant. Your job is to be their eye in the sky.
Lieutenant: Yes, ma’am.
I am the pilot in command responsible for releasing this weapon. I will fire when this girl is out of the way.

Major: Needs of necessity and proportionality are most certainly met, but I’m trying to protect you and protect that girl. The law isn’t here to get in your way, it’s here to protect you.

Attorney: Legally we may be safe but politically we’re walking into a minefield.
Angela: In my opinion, that was disgraceful. And all done from the safety of your chair.

General: …Don’t ever tell a soldier that he does not know the cost of war.

1 Commentaire « Eye in the Sky » : quand le cinéma aborde la question du dilemme moral

  1. David D,

    C’est surtout de la poudre aux yeux pour anesthésier les questionnements moraux du bon peuple face à l’armée toute puissance:

    Les frappes de drones ont tués plus de 90%de civils mais cela le pouvoir politique et militaire n’en ont cure.
    L’américain ne sait pas forcément se battre mais il sait bombarder

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