"Je n'ai pas le temps…"

« L’homme ordinaire ne se préoccupe que de passer le temps, l’homme de talent que de l’employer »
[Arthur Schopenhauer]

Comme tu as du certainement le remarquer, le rythme de publication sur ce blog a fortement chuté ces dernières semaines. Rassures toi, il ne se passe rien de grave dans ma vie (oui, je sais que t’en as rien à foutre mais, jte le dis quand même). Comme tout le monde, je suis simplement atteint d’un mal courant dans la société occidentale : le manque de temps. Tu vois de quoi je parle n’est ce pas? Bien sur que tu vois! Combien de fois as tu dis à quelqu’un « je suis trop occupé en ce moment pour te voir… »? Combien de fois t’es tu dit qu’il fallait enfin répondre à ce cousin qui te harcèle pratiquement par mail depuis 3 semaines? Le temps! Nous manquons tous de temps. Du moins, en occident. Et encore! La gestion du temps n’est généralement enseignée que dans les écoles de management, comme si elle n’était qu’une exigence économique réservée aux futurs cadres d’entreprises. Etant impliqué dans une multitudes de projets (à la fois personnels et professionnels), énormément consommateurs de temps et d’énergie, j’ai choisi d’ériger la gestion optimale de mon temps en préoccupation fondamentale dans mon processus de développement personnel. Et ça, mes relations ont bien souvent du mal à le comprendre; particulièrement ceux restées en Afrique qui se demandent pourquoi je leur donne plus de mes nouvelles.

Hé oui! Car en Afrique noire, la réalité en est tout autre. On ne semble pas avoir compris que si l’écoulement du temps est fatal en soi, la trajectoire du futur elle est parfaitement maîtrisable. Cheikh Yérim Seck constatait que : «Ayant toujours du mal à entrer dans une culture de la production, l’Afrique n’attache aucune valeur au temps… Des comportements irrationnels, laxistes et amateurismes sont justifiés par une référence à ce qu’il est convenu d’appeler l’heure africaine. Ce qui est censé être fait à 9 h en temps réel, va être fait à midi, heure africaine. En d’autres termes, les Africains ont choisi d’être les plus grands retardataires de l’humanité et de rester éternellement à la traîne ». La défunte compagnie Air Afrique avait fini par prendre ‘éloquente appellation : «Air peut-être»… Tout est lenteur en Afrique : la démarche, les salutations, la cuisson, le langage, etc. Et l’on persiste dans l’inertie et l’insouciance «comme si l’espoir du bonheur à venir l’emportait sur les enseignements de l’histoire ». C’est cet espoir et cette attente pieuse de lendemains meilleurs qui poussent certains à faire un nombre élevé d’enfants alors qu’ils n’ont même pas les moyens de se nourrir eux-mêmes. L’environnement et les conditions d’existence constituent de plus un facteur aggravant de cette conception élastique du temps. La misère et la précarité réduisent les âmes à la recherche du minimum quotidien : il faut survivre aujourd’hui ; pour demain, on verra. La terrible pression des besoins vitaux finit d’ailleurs par grignoter la rationalité et imposer la formule : «Agir d’abord, réfléchir après». Dans ces conditions, la spéculation sur les futurs possibles s’égare dans les réalités de la débrouille quotidienne. Certains putschistes arrivent au pouvoir par l’épée, sachant parfaitement qu’ils risquent, eux aussi, de périr par l’épée. Mais pour eux, la question de leur propre sécurité est une question future, l’essentiel est d’accéder aux délices du pouvoir dans l’immédiat, pour s’extirper d’une pauvreté acquise depuis la naissance. Même le dirigeant africain est très peu favorable à des investissements à long terme. Il préfère les actions tapageuses susceptibles de donner des fruits immédiats auxquels il va lui-même goûter…Bref!

J’ai laissé ma plume dévier du but initial de cet article durant plusieurs paragraphes… Comme je disais donc plus haut, j’ai longuement réfléchi pour trouver la meilleure façon de gérer mon temps. La gestion optimale du temps, loin d’être une question de capacité ou de niveau d’instruction, relève d’abord de la culture individuelle. Comme le dis si bien Josh Khauffman dans son excellent article, « trouver du temps » est un mythe. On ne crée pas le temps. On ne trouve pas le temps comme un billet de 1000 Francs qu’on aurait oublié dans la poche de son Jeans. Que l’on soit médecin, ingénieur, chômeur, étudiant, ou cadre administratif, chacun de nous dispose de 24H par jour, et de la même opportunité d’employer ce temps à des activités productives ou de le gaspiller.

Tout n’est pas important.

Le choix d’employer son temps à faire telle ou telle chose est une question de choix personnel, qui relève de notre sens de la « priorisation ». Utiliser son temps à bon escient c’est choisir consciemment de NE PAS faire certaines choses. Une fois que j’ai compris cela, ma relation au temps a totalement changé. Quand j’ai quelque chose à faire, soit le je fais, soit je le renvoie à une date précise du futur, soit je décide tout simplement de ne pas le faire… Fastoche hein!?

Le sens des Priorités.

Que dois-je faire là maintenant? Continuer à maintenir à jour ce blog ou bien jouer à Fifa2010 sur mon PC? Dois-je réviser ce chapitre ardu sur L’histoire de la Pensée économique ou dois-je plutôt me concentrer sur la Géographie du corps de cette déesse métis assise près de moi en amphi ?  Dois-je lire le nouvel Twilight ou le dernier SAS avant « Hot, flat and Crowded » de Tom Friedman (prix Nobel d’economie)? Si j’avais à choisir entre une soirée coupé/décalé en boite et une conférence au Centre Culturel Français? Entre m’asseoir en classe à coté de Beyoncé (la Miss de l’école) ou à coté d’Ugly Betty (la major de la promo)? Entre passer mon temps sur Facebook ou sur futura-science.com? Que choisirais-je?

Chaque jour, à chaque minute, nous prenons des décisions… nous « priorisons »… et vivons avec l’héritage de ces choix. Nous décidons entre une bonne note à un exam… et une meuf toute aussi bonne et canon. Les existentialistes te diront que tout individu représente, à un instant « t », la somme de tous les choix qu’il a fait depuis sa naissance jusqu’à cet instant « t »… et ils ont raison. Jim Rohn, lui, circonscris la définition des existentialistes à la lecture et te dit « la différence entre ce que tu es aujourd’hui et ce que tu seras dans 5 ans se fera par la qualité (et non pas « quantité ») des livres que tu auras lus entre temps».

Comment expliquer à ton avis la différence de parcours entre ce jeune analyste financier en banque d’affaire qui gagne 10 millions par an et son ancien camarade de lycée devenu vendeur ambulant qui  avait, lui aussi, un jour caressé le rêve de négocier avec des grands fonds d’investissement et autres clients fortunés? Simple. Le premier a «priorisé» très tôt ses neurones. Le deuxième sa meuf (attends! C’était la Beyoncé du lycée quand même!). Le premier se tape aujourd’hui les meufs les plus bonnes (beaucoup plus bonnes que la plus bonne de ses ex-copines du lycée). Le deuxième regarde, désabusé, la Beyoncé d’hier, devenue sa « bobonne » tout sauf bonne… après 5 ans de mariage et 3 gamins.

Alors, penses y! A chaque fois que tu seras occupé à faire quelque chose, demandes toi si tu es entrain de de « gaspiller » ton temps ou de l’utiliser. Nous vivons une époque remarquable où la valeur du temps prend le pas sur celle de l’argent. Par conséquent, nous avons tout intérêt à garder le contrôle de notre temps, qui est notre plus grande richesse.

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