Le talent fait gagner de l’argent, mais seul le génie peut changer le monde

« Le Talent atteint les cibles ne les autres peuvent atteindre; le génie atteint les cibles que les autres ne peuvent pas voir » déclarait le philosophe du 19e siècle Arthur Schopenhauer. Albert Einstein, dont le nom au cours du siècle suivant allait devenir synonyme de génie, illustre parfaitement la définition de Schopenhauer. D’autres physiciens intelligents de son époque avaient apporté de brillantes solutions aux problèmes complexes ayant dépassé les hommes moins talentueux. Mais Einstein a résolu des problèmes que les autres n’avaient pas vraiment compris et dont ils ignoraient même l’existence.

En est-il de même dans le monde du business ? Existe-il des génies en affaires ?

John Kay, ancien directeur de la Oxford University School of Business, répondait à cette question par l’affirmative, dans un article du Financial Times paru dans l’édition de mercredi dernier. Il cite d’ailleurs Steve Jobs comme l’exemple le plus récent de génie des affaires.

« Le génie en business, ou la capacité de voir ce que les autres ne voient pas et transformer cette vision en une opportunité commerciale, n’est pas comparable au talent managérial  qui lui est la capacité à réunir et coordonner un grand nombre de personnes pour accomplir des tâches complexes … La plus grande réussite d’Apple et de Steve Jobs a été de mettre sur le marché l’interface utilisateur graphique ( les icônes, la souris et le système logiciel d’exploitation). Jobs n’a pas inventé l’ordinateur personnel. Un peu comme la télévision, cela a été le fruit du travail simultané de nombreux chercheurs éparpillés un peu partout dans le monde. Mais il a inventé l’idée de l’interface utilisateur … L’idée d’un ordinateur qui ne nécessite pas de comprendre le fonctionnement des ordinateurs pour être utilisé. Et ça c’est est un concept de génie … « 

Mais une invention de génie ne suffit pas. Comme le note John Kay, l’interface utilisateur graphique a été une innovation qui ne s’est pas révélée être un succès commercial. La première génération d’ordinateurs d’Apple était confinée à une niche d’amateurs et de « geeks » passionnés d’informatique. Entretemps, c’est le talentueux Bill Gates qui a accumulé une fortune en copiant « l’innovation graphique » pour son produit Windows. Comme le note John Kay, le talent fait souvent gagner de l’argent, tandis que seul génie peut changer le monde.

Kay note que l’histoire a fourni d’autres exemples de génies en business: Thomas Edison, qui a exploité la découverte de l’électricité pour créer une série de produits commerciaux inimaginés auparavant; Walt Disney, qui a non seulement créé des personnages inoubliables, mais a aussi su comment transformer un divertissement pour enfants en entreprise; Henry Ford, qui a défini l’industrie automobile moderne et démontré le potentiel de la production de masse. Si ces génies des affaires n’avaient pas existé, le monde des affaires – et la vie quotidienne – aurait été à jamais différent de celle que nous connaissons aujourd’hui.

Par comparaison, Alfred Sloan était un homme de talent, pas de génie. Alfred Sloan n’a pas créé General Motors. Il a montré comment faire fonctionner General Motors de manière efficace, résolvant ainsi un problème que d’autres avaient échoué à résoudre. Il n’a pas résolu un problème que d’autres avaient échoué à imaginer.

De même, Bill Gates avec Windows, a fourni à IBM les capacités requises pour un ordinateur personnel. Ce faisant, il a résolu un problème que d’autres avaient échoué à résoudre. Bill Gates n’a pas résolu un problème que d’autres avaient échoué à imaginer. Bill Gates a fait fortune grace à son talent, sa capacité à résoudre des problèmes; et on se souviendra de lui pour sa fortune, plutôt que pour sa contribution. Steve Jobs, on se souviendra de son génie. C’est peut être là la vraie différence entre le génie et le talent.

« Peut-être le talent est mieux adaptée pour gagner de l’argent, et le génie pour changer le monde. Alfred Sloan et Bill Gates sont devenus des hommes riches. Mais on ne me souviens pas d’Einstein, de Newton, de Shakespeare ou de Mozart, pour la fortune qu’ils ont faite. Et comme si derniers, si Jobs a finalement rendu les actionnaires d’Apple riches, ce fut bien entendu, accidentellement. « 

« Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n’est rien. » Paul Valéry

3 Commentaires Le talent fait gagner de l’argent, mais seul le génie peut changer le monde

  1. PYH

    Je ne peux que te reprendre : Le talent sans génie est peu de chose. Le génie sans talent n’est rien.

    Quid de Steve Jobs. Etait-il un business man talentueux, ou un visionnaire de génie? On peut ne pas forcément être d’accord avec John Kay. A-t-il su créer des besoins ou a-t-il su y répondre ? L’oeuf ou la poule?

    Tiens, tiens…une idée pour ton prochain article…

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  2. Neo

    Hello PHY,

    Sorry pour la réponse tardive.

    Je crois que JObs faisait partie des génies visionnaires. Je dirais qu’il a su imaginer un besoin dont nous n’en avions pas conscience, et y répondre.

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  3. mohamed niang

    Pour moi steve jobs etant genie du bisiness. Il est arivee à moderniser le telephone, dans monde un modernisation il a put par son imagination, se faire une facilite de cominiquation. en folie à travers les generations.

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