« Rebranding Africa » : Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue

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Il y a quelques années, j’écrivais un article très pessimiste sur « la fuite des cerveaux africains ». Mais au fil du temps, mon jugement et ma réflexion à ce sujet a beaucoup évolué. Et pour cause : La génération Y, la notre est en pleine effervescence! Que ce soit en Afrique ou au sein de la diaspora, je constate un réel changement de paradigme au sein de la jeunesse.

Ces derniers temps, il ne se passe pas un mois sans que je te tombe sur au moins un Magazine Occidental publiant son « numéro spécial sur l’Afrique ». Le Point, Le Financial Times, Forbes, Les Echos, Vogue, tous mettent en avant le formidable boom économique que connait l’Afrique (tiré par la locomotive de la demande chinoise) et s’accordent à dire que ce continent est l’avenir de l’économie mondiale. Tellement c’est devenue une rhétorique. Après avoir acheté le mois dernier le hors série du magazine le Point consacré à l’Afrique, j’avoue été très déçu de son contenu. Aucune originalité. Ils n’ont fait que recycler la chanson que tout le monde connait : l’Afrique subsaharienne devrait afficher dans les décennies à venir l’un des plus forts taux de croissance de la planète. Déjà, sept des dix pays les plus prospères aujourd’hui sont africains. Bref, rien de rien nouveau ni de bien original…Et pourtant il devrait y avoir matière à raconter!

Car même si le cabinet de conseil McKinsey pense que le Nigeria sera une puissance mondiale d’ici 2015, ils ne font que très vaguement état de l’a naissance d’une véritable classe moyenne née à l’ère de la globalisation. Parlons en de cette classe moyenne.

Nous avions depuis longtemps en Afrique un mix d’économies ancesttrales côtoyant des économies modernes, dans lesquelles il n’existe pas (ou peu) de classe moyenne importante. Dans de nombreux pays, les personnes les plus démunies sont encore et toujours avant tout préoccupés par leur survie quotidienne. Quant à la classe moyenne classique, le moteur traditionnel des changements, elle vit encore trop la précarité, la peur du chômage sans aide sociale pour se mobiliser. Mais les choses sont en train de changer….et rapidement!

Ce changement de paradigme est très important, même s’il touche plus les technologies et l’import-export que la production de biens transformés localement. De nouveaux talents émergent de plus en plus vite et de plus en plus nombreux. Ces nouveaux talents d’un genre particulier, ont leurs modèles de réussite, comme le  ghannée Herman Chinery-Hesse (surnommé le « Bill Gates Africain ») ou encore le richissime entrepreneur nigérian Aliko Dagonte qui partage ici son expérience avec des jeunes étudiants africains.

De quoi susciter des vocations et motiver au retour… Oui, car la diaspora n’est pas non plus en reste!

Hier encore, j’étais à un pique-nique organisé par plusieurs groupes de jeunes de la diaspora africaine. Du Togo au Cameroun, J’ai pu mesurer à quelle vitesse les ponts se construisaient. A quel point malgré nos parcours individuels, nous partagions tous une cause, une vision commune: être des moteurs de changements dans communautés. Rarement j’ai noté un tel concentré d’optimisme, d’énergie, d’ambition autour de moi…

Il y a 10 ou 20 ans, les jeunes talents africains rêvaient d’être fonctionnaires, voulaient travailler pour des entreprises publiques, entrer dans le gouvernement de leur pays pour profiter de ses rentes. Ceux de la diaspora rêvaient d’intégration, de luttes pour être acceptés, de mouvements victimaires façon « touche pas à mon pote » ou « SOS racisme ». Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Nous assistons à l’émergence d’une nouvelle classe d’entrepreneurs qui mise sur ses propres capacités sans rien attendre de personne. Les jeunes talents africains d’aujourd’hui rêvent tous de monter leurs propres boites. De nombreuses initiatives entrepreneuriales sont d’ores et déjà à l’œuvre…

Qu’on se le dise: La classe moyenne est en voie de disparition en Occident mais commence à peine à naître en Afrique.

La réussite de ces nouveaux talents et surtout, la transmission de leur bagages acquis, créera un cercle vertueux. La classe moyenne issues de la génération Y africaine a de forte chance d’être le contre-pouvoir qui fait défaut. Ils reprendront le flambeau là où les parents ont failli. Ils sont globalement beaucoup plus optimistes en l’avenir que leurs homologues des pays riches.

Les citoyens dans de nombreux pays africains prennent de plus en plus conscience et apprennent à demander des comptes à leurs dirigeants comme on a pu le voir récemment au Sénégal ou au Maghreb. Le fruit des richesses créées s’écoule progressivement vers les couches inférieures de la société, et il en résulte une croissance de la classe moyenne.

Même si la croissance n’a pas atteint le niveau optimal, même s’il reste beaucoup de chemin à faire sur tous les plans, il y a de bonnes raisons d’être optimiste. Avec progrès technologique et l’intensification de la circulation de l’information, les africains deviennent de plus en plus éduqués et conscients des enjeux du monde qui les entoure, tout comme les jeunes générations des autres continents.

Si tu es africain et que tu penses toujours que ton avenir se joue en Europe ou en Amérique, sache que tu es en train de rêver en 3D mon pote! Il est peut-être temps de mettre à jour ton système.

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