Une petite histoire de terrorisme…

terrorisme

« Pour que le mal triomphe, seule suffit l’inaction des hommes de bien. » Edmund Burke

Boko Haram, Al- Quaïda, Daesh, AQMI, L’Etat Islamique… Voilà des noms qui en quelques années seulement, sont rentrés dans le vocabulaire quotidien de toute une génération. Toute génération pour qui le terrorisme fait désormais partie de la vie de tous les jours.

Les attentats récents survenus à Paris l’ont une fois de plus prouvé. En l’espace de quelques mois, Paris a subi deux vagues d’attaques terroristes. Comme la plupart d’entre nous, j’ai été profondément choqué. D’autant plus choqué que je m’identifiait facilement aux victimes (ayant vécu longtemps à Paris). J’ai eu naturellement une pensée émue pour les centaines de victimes innocentes de cette barbarie. Puis, je me suis rappelé de ce qui se passe en Syrie, et plus largement dans le moyen orient et l’Afrique. Parce qu’après l’émotion, vient la raison, je me suis rappelé que le conflit syrien à lui seul a fait à ce jour plus de 200 000 victimes civiles, sans compter les 6 millions de déplacés et de réfugiés. Imaginez un seul instant le nombre de vies gâchées, brisées à tout jamais. Et je ne parle même pas du nombre de victimes ailleurs en Irak, en Libye, au Nigeria, au Cameroun, au Kenya, etc… Combien de dizaines d’années faudra t-il pour reconstruire, panser les blessures…? Pourquoi n’ai je pas ressenti la même émotion pour tous ces gens? Je parie que nous sommes nombreux dans ce cas. On a tous été témoins de la vague d’indignation et d’émotions suscités par les attentats de Charlie Hebdo en janvier dernier. N’était-ce pas là finalement l’objectif de ces terroristes? De nous rappeler que nous aussi pouvons être des victimes? Quelque part, on peut dire que leur objectif est atteint.

A la recherche des véritables coupables.

Le philosophe russe Dostoïevski disait « rien n’est plus facile que de dénoncer un être abject, rien n’est plus difficile que de le comprendre ».

Carl Jung quant a lui disait « un homme sain ne torture pas ses semblables, en général ce sont les victimes qui se chargent en tortionnaires « .

Car qu’il s’agisse de Boko Haram ou de Daesh, ces fous de Dieu, ces « marthys d’Allah » comme ils se désignent eux mêmes, ne ressemblent pas a de simples de bandits voleurs pilleurs. Ils ont de l’armement, sont structurés et mènent de véritables opérations de guerre. Ils semblent insaisissables, opèrent sur de vastes territoires. Comment font ils pour avoir une telle infrastructure ? D’ou vient l’essence, la nourriture, les armes, l’argent, leurs recrues ? Leur leader n’a pourtant pas l’air de respirer l’intelligence !

J’ai vu sur la chaîne Arte le documentaire sur Daesh. On apprend qu’ils vendent du pétrole pour un million de dollars par jour. Et personne ne verrait passer ce pétrole ? Personne ne pourrait dire qui achète, qui transporte etc. ? Ils contrôleraient 24 banques. Mais une banque ne peut fonctionner que si elles peut échanger avec d’autres banques. Retirer une banque du circuit financier international, c’est la condamner à mort. Il y a donc bien des banques qui travaillent avec les banques contrôlées par Daesh et personne ne pourrait les identifier et faire cesser tout cela ?

Quand est ce que l’occident fera son examen de conscience ?

« Le Terrorisme c’est la guerre du pauvre, et la guerre c’est le terrorisme du riche ». Peter Ustinov

Cela me rappelle le film « Lord Of War » où Nicolas Cage joue le role d’un important trafiquant d’armes. Son frère lui demande un jour si sa femme est au courant de son triste métier et il lui répond : « On ne parle pas de ces choses-là. Combien de vendeurs de voitures parlent de leur travail ? Combien de vendeurs de tabac ? Pourtant leurs deux produits tuent plus de monde chaque année que les miens. Et sur les miens, il y a un cran de sûreté. Si ces gens peuvent oublier leur travail quand ils rentrent chez eux, je le peux aussi. »

Il illustre (bien que de façon cynique), l’état d’esprit de l’occidental moyen. Aucune civilisation dans l’histoire de l’humanité, n’aura autant colonisé, réduit en esclavage, persécuté, et massacré les autres peuples que la civilisation occidentale. Et pourtant, ils sont toujours les premiers à s’insurger de la barbarie des autres.

Mais vous les soutenez, vous savez! Vous payez des impôts qui servent à financer ces guerres. Nous payons tous des impôts qui servent à financer ces guerres.

La fin de la colonisation n’a eu lieu que dans l’imagination des populations occidentales. La réalité c’est que ces pays sont restés sous étroit contrôle. Rappelez vous que toute la zone Franc CFA ne contrôle meme pas sa monnaie et que Paris fait autant sa loi en Afrique que les USA faisaient la leur dans le golfe. Derrière la montée ou la chute chaque dictateur, il y a TOUJOURS eu l’implication (souvent clandestine) d’une puissance occidentale, instrumentalisant les uns ou les autres en fonction de ses intérêt. Thomas Sankara l’avait déjà pointé de son temps, lorsqu’il faisait remarquer qu’aucune des armes que l’africain utilisait pour tuer son propre frère n’était fabriquée en Afrique.

La quasi totalité des munitions utilisées sur les champs de batailles proviennent soit des USA, soit de l’Europe (centrale et de l’Est). Qu’est-ce que cela nous demanderait, de refuser de les payer pour ces guerres ? Rien. En trois jours, la situation serait réglée. L’État ne peut pas vivre sans son argent. Un Français qui refuse de payer ses impôts serait puni. Mais si 20% seulement des contribuables refusent de payer, ce n’est plus possible. En 5 jours, c’est terminé.

C’est pacifique, ça ne nuit à personne. C’est efficace. Mais personne ne le fait, parce que convaincu que la puissance militaire et technologique de l’occident est nécessaire. Que la riposte et l’effet de dissuasion sont efficaces, et que l’occident a seule le monopole de la justice. Pourtant les faits nous montrent que non.

Mais nous cautionnons, ça, c’est sûr.

Dire qu’en tant que citoyen, on ne peut rien faire, c’est accepter un état de minorité définitif, c’est reconnaître que l’on n’est en fait pas citoyen. La seule option qui nous reste, c’est d’attendre un messie, un miracle. C’est beau, la superstition. C’est confortable, aussi. On rejette toujours la faute sur d’autres. On acquiert ainsi une vertu. On passe pour une victime innocente.

Nous sommes nés prisonnier, avons une mentalité d’esclave à la Matrix. Nous attendons de nos élites qu’elles changent, qu’elles modifient le monde dans lequel nous vivons. Nous attendons que d’autres fassent le boulot à notre place. Ce qu’elles font…mais dans leurs propres intérêts.

PS/ Pour ceux qui veulent comprendre un peu plus le monde dans lequel on vit, je vous recommande cet excellent blog tenu par Olivier Berruyer.

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