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l’apartheid global : suis-je un immigré ou un expatrié ?

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J’ai remarqué quelque chose de fascinant. Les occidentaux vivant en dehors de leurs pays d’origine ont une façon particulière de se définir : les expatriés. Le mot Expatrié dérive du latin, et est formé de deux particules: « ex » qui signifie « hors de », et « Patria », qui signifie « pays natal ». L’abréviation « expat » est très usité, et il  faut se l’avouer, sonne assez cool.  Il donne ainsi l’impression que la situation est temporaire. Un « expat » n’a pas quitté son pays pour de bon – il ou elle va revenir vivre dans son pays d’origine un jour ou l’autre.

Du moins, ça c’est ce que certains « expatriés » se disent en y pensant. J’ai rencontré des « expatriés » français qui vivaient en Afrique depuis plus de 15ans, étaient en couple et avaient des enfants nés en Afrique. Ils ne cessaient de se dire qu’ils reviendraient en Europe le moment venu (moment qui semblait toujours très éloigné dans le temps). Pourtant, ils continuaient à se désigner eux-mêmes comme des « expats »; comme s’ils pouvaient plier bagages et retourner dans leurs pays d’origines du jour au lendemain.

Qu’est ce qui différencie un expatrié d’un immigré ?

Quelqu’un qui vit en permanence dans un autre pays est un immigrant, non pas un expatrié. Mais sans surprise, vous n’entendrez jamais un américain, un anglais, un français, un canadiens ou australien se définir lui-même comme un immigrant, même s’il s’il est installé dans un autre pays définitivement. J’ai connu des européens vivant aux USA qui voyaient des mexicains vivant aux USA comme des immigrés et se voyaient eux-même comme des Expats. De la même manière, la plupart des anglais ou des Suisses vivant en France désigneraient la femme de ménage arrivée d’ukraine il ya deux mois ou l’ouvrier roumain comme des immigrés  et se désigneraient eux même comme Expatriés.

De l’autre côté, sont plus d’un million polonais et de roumains « immigrés » qui ont déménagé au Royaume-Uni et en Irlande depuis l’adhésion à l’UE en 2004. Ayant pris des emplois pour lesquels ils sont de loin surqualifiés, beaucoup d’entre eux prévoient de retourner dans leurs pays dès qu’ils sont capables de faire vivre décemment de leur profession. Il en est de même des millions d’ »immigrés » en Europe venus d’Afrique subsaharienne et du Maghreb comme  moi. Pourtant, nous sommes mis dans le même panier d’ »immigrés »que ceux qui sont installés définitivement ici. Ne devrions nous pas nous appeler les « Expatriés africains »  ou les « expatriés polonais » ?

L’utilisation de ces mots révèle une certaine double norme. Que vous soyez un expatrié ou un immigrant ne dépend pas de vos projets de résidence, mais de la richesse relative de votre pays natal. Si vous partez d’un pays occidental riche pour un pays plus pauvre, vous êtes un expatrié. Si vous vous déplacez d’un pays relativement pauvre vers pays plus riche, alors vous êtes un immigrant.

Un mot à connotation négative

Les Occidentaux n’aiment pas se considérer eux-mêmes comme des immigrants parce que le mot « immigrant » a des connotations négatives. Il suffit de voir les débats politiques houleux qui ont lieu sur « la question de l’immigration » dans la plupart des pays développés. Un immigré est un voleur d’emplois non désiré, tandis qu’un expatrié est un étranger qui pourrait s’en aller du jour au lendemain. Un immigré est à la recherche désespérée d’une vie meilleure. Un expatrié est un aventurier; un Indiana Jones des temps modernes.

Mais non seulement ces mots chargés de sens cachés, ils sont également insuffisants. Par exemple, je suis prêt à admettre que je suis un immigré en France. Après avoir vécu ici cinq ans, je ne me vois pas dans un proche avenir quitter le mode de vie confortable que je me suis bati ici. L’accès facilité à la culture, aux nouvelles technologie, au Savoir etc. sont des choses que j’ai toujours recherché.

D’un autre côté, je peux faire l’argumentaire d’être réellement un expatrié. Personne ne sait ce que réserve l’avenir, et avec une croissance économique plus rapide des pays en voie de développement, les possibilités professionnelles en Afrique sont beaucoup plus grandes que dans les économies en faillite et en crise de l’Occident. J’aime l’occident, et j’aime vivre ici – mais il y a par ailleurs certaines choses de la maison qui me manquent vraiment (La chaleur humaine, les fêtes populaires, l’absence de contraintes sociales…). Je ne me vois pas rentrer à la maison dans un avenir proche – mais je le ferais si cela signifiait une vie meilleure pour moi et ma famille. Alors qu’est-il finalement ?

La troisième appellation…

Récemment, j’ai réalisé que j’appartient à troisième groupe – celui auquel une majorité d’ »immigrés » et d’ »expatriés » appartiennent aussi, même s’ils ne l’admettent pas ou en ont  peu conscience.

La plupart des personnes qui vivent dans des pays étrangers le font pour des raisons économiques. Il y a d’autres motifs au départ comme le gout pour l’aventure, l’éducation ou l’exil politique, mais la majorité des étrangers sont à là  pour l’argent. Ce ne sont ni des expatriés, ni des immigrés, car le choix de rester ou partir dépend de la réalité économique. Ce qu’ils sont – ce que nous sommes – c’est des migrants économiques. Et si ce terme peu évoquer  l’image d’étrangers en situation irrégulière, la réalité est que du directeur commercial australien qui est ici dans une filiale européenne de sa boite, à l’importateur américain, en passant par l’enseignant l’anglais ou le restaurateur libanais – tous vivent loin de chez eux pour des raisons économiques.

C’est quelque chose qu’ont en commun les « expatriés » et les « immigrés », même s’ils refusent de l’admettre. Mais il n’y a rien de honteux. Qu’ils soient riches ou pauvres, les migrants économiques bénéficient à l’économie mondiale. Les Portugais « immigrés » en France ont contribué à maintenir le marché de ce pays flexible et efficace, tandis que le Français « expatrié » en Roumanie apporte une expertise aux entreprises locale en croissance rapide. Quand les travailleurs peuvent migrer vers là où la main d’oeuvre est nécessaire, l’économie mondiale fonctionne plus efficacement.

Alors peu m’importe comment on me désigne. De toute façon j’ai acquis des compétences que je n’aurais jamais eu si j’étais resté à la maison, et j’ai contribué au développement de la France à mon modeste niveau. C’est une situation gagnant-gagnant.

23 Commentaires (Ajouter le votre)

  1. Bonjour.
    Article intéressant ! Je peux me tromper, mais je pensais qu’à la base, le terme exatrié désignait une personne qui allait travailler à l’étranger pour le compte d’une entreprise de son pays d’origine (un français qui travaille pour Total en Birmanie, par exemple). Ce genre de « mission » est en général limité à quelques années, mais pas forcément, mais c’est pour cela que l’expatrié considère souvent sa situation comme provisoire. D’un autre coté, l’immigré va dans un autre pays afin d’y vivre et d’y travailler (comme l’expatrié), mais il n’y va pas comme « envoyé » par une entreprise/administration de son pays. Je travaille à l’étranger pour une université de mon pays d’accueil et me considère comme un immigré.
    L’image « cool » du terme expatrié par rapport à immigré, ou de « riche dans un pays pauvre » est certainement venu de cette définition de départ: je ne doute pas qu’un cadre d’Areva gagne bien mieux sa vie que la plupart des gens au Niger … Ce n’est pas forcément le cas des immigrés qui bossent pour des entreprises (ou autres) locales – le Polonais plombier (quel cliché :-) ) en France, mais aussi le Francais plombier en Pologne (ca doit bien exister ?)
    Mais bon, cela n’empêche pas que je suis d’accord avec le fond de l’article, à savoir que immigré ou expatrié, nous ne sommes rien de plus que des migrants économiques, ce qui n’est pas honteux (ni pour les uns, ni pour les autres), mais le terme immigré a une connotation négative.

  2. @ Mat,

    TU as raison. Mais si un expat désignait au départ uniquement celui qui va à l’étranger pour le compte de sa boite, le terme a fini par être utilisé aussi pour ceux qui partent à leur propre compte. Comme je l’ai dit, je ne connais pas un seul français à l’étranger qui se définit comme immigré. Pourtant tous les français ne sont pas à l’étranger pour le compte d’une multinationale. Un français aux USA se définira toujours comme un expat, même si les américains le considèrent comme un immigrant.

    • Si il y a moi héhé ! Je ne me suis JAMAIS considérée comme une expat parce que je suis venue sans rien au Canada. Et je suis une immigrée comme tout le monde ou une migrante économique :)

      Mais l’immigration au Canada est différente je pense, beaucoup de Français y vont et clairement nous sommes des immigrés ici, jamais des expats ou rarement. Personne ne vient avec du travail sur place. (Ou presque)

      Rarement entendu le terme expat ici…

  3. la plume de neo…là ou je suis (maroc) ils nous appellent africains (genre le maroc est en Europe) mmddrrrr …
    je suis daccord avc l’analyse faite ce st surtout les ressortissants puissances occidentales qui usent de ce mot expatrié: genre ils viennent pas mendier mais apporte leur savoir prtt (comment les dragons asiatiq vont se faire appeler loool) ….
    punaise si seulement on avais de bon dirigeants je voyagerais jst pr les vacs (lool) et nn pr acquérir des compétences que j’obtiendrais chez moi
    avec çà on est un peu obligé d’etre migrant économiq mais c là vie

  4. Excellent article Neo :) J’aime la réflexion qui s’y cache et la recherche du sens caché derrière ces deux mots courants.

  5. @ Rayon X

    C’ets vrai que bien qu’étant sur le même continent, il existe un fossé culturel(religieux) et géographique (sahara) entre le Maghreb et l’Afrique sub saharienne. C’ets pour ça que certain pays d’afrique du Nord se sentent plus proche de l’Europe du Sud que du reste de l’Afrique.

    @ Thomas,

    Merçi Thomas, ça fait plaisir.

  6. Merci pour cet article tres interessant cher Neo!
    Mais je me sens pourtant toujours une expatriee. Travaillant en ONG, les contrats sont de duree determinee et on a absolument aucune assurance de retrouver un contrat a la fin de chaque mission… Je paie mes impots chez moi en Belgique et je fais suivre medicalement mon fiston, atteint de retard de developpement, en Belgique aussi.
    Je suis expatriee car premierement c’est un travail que j’adore et auquel je crois, sans idealisme mais avec professionalisme et ensuite pour decouvrir le monde dans lequel on vit autrement que par le petit ecran et l’oeil subjectif des dirigeants economiques qui manipulent les medias…
    Je comprends cependant parfaitement le sens de ton papier et le soutiens; je vais le partager!
    Je voulais juste partager le fait qu’on peut etre expatriee par choix professionnel malgre les difficultes supplementaires que cela amene quand on vit avec un enfant different.
    Par ailleurs, et puisque vous parlez de migrants economiques, mon fils me coute beaucoup plus cher a l’etranger qu’en Belgique ou les services sont rembourses ou adaptes au salaire et ou je pourrais toucher une allocation majoree pour l’elever…

    Enocre merci pour cette page de reflexion, et bien belle journee a vous.

  7. Interessante réflexion. Je suis française et vis en Espagne depuis maintenant 11 ans. Je ne suis pas venue pour des raison économiques mais bien sur le temps a fait que aprés une année sabbatique il a bien fallu retravailler. Et comme ce n’est pas facile de revenir quand on a tout plaqué, ben je suis restée. Oui il y a des plombiers, des coiffeurs, des chomeurs et des branleurs français à l’étranger. Je me sens plus immigrée que expat. Et puis je crois que celui qui pars par choix a cette capacité a se dire que l’on peut à tout moment recommencer ailleurs, un autre pays ou une autre région tout simplement.

  8. Sujet très intéressant, une petite précision cependant :

    Un français qui part travailler pour le compte de son entreprise à l’étranger n’est pas un expatrié mais un détaché, puisqu’il reste lié au régime français de sécurité sociale, des impôts etc.

    Un expatrié est par contre bien celui qui part s’installer et travailler à l’étranger. Bizarrement le mot expat évoque quelque chose de plus stable pour moi, si l’on se nomme comme cela ici en Allemagne, c’est bien souvent que l’on a un CDI, que l’on est bien intégré, et qu’on compte rester un moment ici, même si l’on sait qu’un jour on rentrera en France… ou qu’on s’expatriera à nouveau ailleurs ;-)

  9. Un article qui se calle tout a fait dans mes reflexions du moment. Apres la lecture du compte-rendu de la conference d’Expat United j’ai realise que je me presente « incorrectement » comme une expat. Mais avec une carte verte en poche ce n’est pas vraiment le cas n’est-ce pas?
    Outre l’aspect economique et les connotations que vous mentionnez je pense qu’il y a aussi un aspect emotionel fort attache au mot. Dire qu’on est immigrant c’est accepter qu’on a laissé son pays derrière, qu’on n’y retourneras pas forcément. C’est un cap à passer je pense.
    Dans mon cas je ne ne pense pas non plus rentrer dans la catégorie de migrant économique car je fais partie de ceux qui immigrent pour être en couple (mon mari est Américain).

  10. Des circonstances indépendantes de ma volonté m’ont obligée à suivre mon mari vénézuélien, il y a 25 ans. Pour moi le mot qui me vient toujours à l’esprit est « EXIL », sans espoir de retour. Heureusement mon pays d’adoption est cela : un pays d’adoption, où je me sens intégrée comme une enfant adoptée, acceptée mais gardant ses différences. Sinon le terme de migrant économique me va bien, j’ai fait ma vie professionnelle ici et il est fort probable que j’y finisse mes jours ; si je rentrais en France (on m’a calculé 208 euros de retraite après 65 ans !…) j’y mourrais probablement dans la misère. Nan,nan, rentrez vos mouchoirs, je vis très heureuse ici, j’ai une maison à moi, un travail qui me passionne, beaucoup de temps libre et les vénézuéliens sont des gens chaleureux et solidaires :)

  11. @ Cecy,

    Oui, j’ai omis de mentionner l’aspect émotionel. En effet, plus on est attaché émotionellement à son pays d’origine, plus on se considère expat, et plus on est attaché (et intégré) à son pays d’adoption, plus on se considère immigré.

    @ Claudine

    Et pourquoi pas « immigrée » ? :)

  12. @ Lololaos,

    Comme je disais plus haut, ce ne serait pas vos attaches émotionnelles en Belgique qui vous feraient vous considérer comme « expat » ?

  13. Cher Neo,

    Votre article est très intéressant et réveille chez moi bien des choses.

    Je suis née en Suisse de parents italiens qui sont venus y chercher la survie, espérant prendre un départ dans la vie pour ensuite rentrer en Italie reprendre leur vie.
    Dans ce contexte, ils ont, comme bien d’autres, continuer à fréquenter leurs compatriotes, délaissant l’apprentissage de la langue, ne voyant pas en quoi une quelconque intégration pourrait bien être utile.
    Et puis les années ont passé. Ils n’avaient pas prévu qu’à leur arrivée il faudrait s’installer un mimimum et que cela allait déjà leur coûter un ou deux ans de salaire. Ensuite, on était dans les années 60, ma mère est tombée enceinte et il a fallu assumer. Et puis 10 ans ont passé, les amis au village avaient continué leur chemin et les appelaient « les Suisses ». Ils ne faisaient plus partie réellement du village. Ensuite les enfants sont allés à l’école et il a bien fallu s’intégrer un minimum, apprendre la langue, se faire de nouveaux amis… se faire un vie, aussi laborieuse et misérable soit-elle.
    Aujourd’hui j’ai 50 ans, née en Suisse j’ai un bon accent suisse et j’ai toujours eu les yeux bleus (:-)). Mes parents continuent à se justifier auprès de leurs amis italiens et auprès de leurs amis suisses pour leur expatriation. Moi, lorsqu’on me demande d’oû je viens, je dois argumenter pour qu’on me croit lorsque je dis que je suis suisse mais d’origine italien.
    Voilà le chemin des immigrés qu’ont été mes parents. Ils sont venus en Suisse, migrés économiques, eux aussi en pensant rentrer au pays. Tout comme les expat d’aujourd’hui. Jamais on ne les a considéré comme des expat. Pourquoi? parce qu’ils sont des immigrés économiques de survie, alors qu’un expat aurait pu rester sur place (la plus part du temps).
    Voilà ce qui fait à mon sens la différence dans la tête des gens, un certain sense de mendicité.
    J’espère n’avoir blessé personne par mes propos. Je voulais simplement essayer d’expliquer ce qu’a été la vie de mes parents et la mienne et par là expliquer ce qui me semble être la différence entre eux et toutes mes amies qui aujourd’hui ont « choisi » de vivre à l’étranger (et j’envie certaines d’entres elles). Je comprends parfaitement lorsqu’elles se définissent comme des expat.
    Pour finir, j’aimerai dire que si j’ai écrit tout ça, c’est surtout parce que je suis surprise par le fait que cette différence ne m’avait jamais interpelée avant de lire votre article!

  14. bonjour et merci Neo pour cet article trés juste et intéressant . je souhaite juste ajouter .. un autre « cas » de « migration » ou autre terme a vous de choisir .. pour ce qui me concerne je suis de nationalité française mais j’ai vécu hors de france dans divers pays depuis plus de 20 ans sans jamais me considérer ni migrante immigrante et encore moins expatriée .. pourquoi ? parce que je ne me sens pas simplement appartenir a un pays .. mais a une planéte :o)

  15. Article intéressant mais je dois ajouter que bien souvent les expatriés préparent leur départ dans les moindres détails si bien qu’une fois arrivée sur place tout est mis en place (formalité d’immigration, visa longue durée, logement, écoles, emploi stable, régime impôt et sécu sociale du pays d’origine) Ils disposent d’un vrai filet de sécurité avec la législation du pays d’origine.
    Alors que les immigrés ont une situation plus provisoire, et en fonction de l’obtention du visa, ils ont une situation moins précaire et peuvent s’installer durablement.

  16. Pour avoir vécu expat en Irlande pendant environ 15 mois, c’est une façon de définir la situation qui ne me choque pas.
    Pour moi, un immigré quitte son pays pour des raisons plutôt économiques, et/ou politique…et qui ne choisis pas forcément de devoir s’en aller mais n’a pas le choix. A contrario, un expat part de son plein gré, désireux/se de découvrir le monde en dehors des frontière de son pays, ou comme l’a dit qqun ici, pour travailler pour le compte d’une mission/entreprise à l’étranger.

  17. définition « expatrié » : « Personne qui a quitté son pays volontairement ou par obligation ».

  18. Tom : les définition d’un dico c’est bien beau mais ça e reflète pas la réalité. Les déf que je donne, je les donne par rapport à mon ressenti et aux expériences de ceux qui m’ont entourée dans ces aventures, par rapport à mes grands parents et parents, immigrés eux aussi, par rapport à, l’usage de ces deux termes dans les journaux : c’est ce qui se rapproche le plus de la réalité de ces deux concepts selon moi. On dit bien un immigré clandestin, je n’ai encore jamais lu un expat clandestin par exemple…c’est bien que ces deux mots ne se valent pas.

  19. de la part de Marie :
    Salut, habitant de la planète. J’ai 66 ans, je suis française d’Afrique du Nord, et quand j’ai lu il y a quelques années un livre d’Amine Laalouf sur une petite fille marocaine de 8 ans qui vit en France avec ses parents et qui y découvre une culture très différente, je me suis exclamée intérieurement : « mais, je suis une immigrée, moi aussi ! » … depuis plus de 40 ans que je vivais en France. Alors, tu vois (« je dis tu à tout ceux que j’aime, même si je ne les ai vus (ici lu) qu’une fois », Jacques Prévert), les mots, comme les océans, recouvrent autant d’acceptions qu’il y a de poissons … Bonne pêche d’idées, tu en regorges et bon vent, ton esprit est sur la route de la grande aventure.

  20. Avec le chômage en France, devenu chronique, je crois que de plus en plus de français, jeunes pour la plupart, et sans avenir professionnel, seront amenés à immigrer ailleurs, avec peut-être cet avantage par rapport aux immigrés du tiers-monde, que les frontières leurs sont moins fermés (sauf aux US où les clandos français, donc sans carte verte et sans réelle situation sont déjà légion)…

  21. Même ceux qui ont un avenir. J’ai obtenu un diplôme de Master en Marketing et Vente, et j’ai trouvé un travail en Chine avant même la fin de mon stage de fin d’étude.
    Je me plais vraiment dans le pays où je suis maintenant, je n’envisage pas de rentrer dans un avenir proche.
    Je me considère comme un immigré la où je suis et non un Expat (qui pour moi est une expression qui fait un peu péteux), mais aussi parce que je cherche à m’intégrer culturellement (j’apprends, la culture, la langue, la culture de l’entreprise…).
    Je me donne simplement les chances de pouvoir rester à long terme… Ensuite on verra si c’est possible, et si c’est ce que je veux toujours dans quelques années.

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