Pourquoi j’investis l’essentiel de mes économies en Afrique

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« Dans chaque crise, se trouve une opportunité. »

Voilà comment s’est conclue une discussion intéressante que j’ai eu avec un ami africain rencontré au Canada récemment. Ce dernier me disais qu’il préférait investir ses économies en Amérique du Nord et en Europe plutôt qu’en Afrique. La raison ? Le risque trop élevé en Afrique du fait de l’instabilité politique de l’absence d’infrastructures, et surtout de ressources humaines fiables. Bon, à sa décharge, il faut dire que ce dernier avait quitté l’Afrique il y a très longtemps et n’y avait pas remis les pieds depuis…15ans; c’est à dire une éternité.

J’était partiellement d’accord avec son constat. En termes strictement factuels, l’Afrique offre infiniment moins de garanties à un investisseurs que l’Europe ou l’Amérique du Nord. Je n’ai cessé de le répéter. En tant qu’africain, mon rêve ultime est évidemment de voir la condition des Africains en Afrique s’améliorer significativement. J’ai toujours le rêve qu’un jour les pays peuples de ce continent s’uniront et qu’ensemble, ils montreront à nouveau le chemin au reste du monde comme le fit l’Egypte en son temps. L’Afrique actuelle, berceau de la civilisation humaine et deuxième plus grand continent avec un peu plus d’un milliard de personnes, se résume généralement à 54 pays distincts qui n’ont même pas 60 ans d’histoire derrière eux (pour les plus vieux).

Parce que les divisions coloniales appartiendront bientôt au passé

Pour mettre les choses en perspective, il faut s’imaginer que l’Afrique (et ses habitants) se trouve aujourd’hui à peu près où se trouvaient les Etats Unis d’Amérique 60 ans après leur indépendance; c’est à dire en 1847. Plus personne ne se rappelle que les Etats-Unis étaient autrefois 50 pays bien distincts ayant chacun ses lois et sa monnaie. De même, plus personne ne semble se souvenir à quel point l’Europe était divisée avant le traité de Maastricht qui date de…1992. Ce traité fondateur de l’Union Européenne, marquait également la fin d’une ère. La fin d’une Europe morcelée, dont le mur de Berlin (détruit quelque années plus tôt) avait été l’un des derniers symboles. Ce sont les divisions internes et conflit récurent entre ces Etats ont conduit à des guerres comme la guerre de sécession aux USA ou les deux guerres mondiales en Europe.  J’aime toujours à rappeler que les deux guerres mondiales étaient avant tout des guerres civiles européennes qui se sont étendues au reste du monde du fait de l’influence des belligérants.

Billet de 50$ de la république du Texas (1845)

L’histoire nous enseigne qu’après leur indépendance, il a fallu aux USA près de 100 ans pour que naisse l’idée d’une Constitution fédérale. Il leur a fallu un siècle juste pour que naisse l’idée, puis une guerre de sécession (la guerre civile la plus meurtrière qu’ai connu l’Amérique) pour qu’elle soit mise en place!  Alors, pourquoi en serait-il différent dans une Afrique aujourd’hui encore si divisée ? Voilà pourquoi une unification de l’Afrique est la seule solution et est à terme inévitable. L’idée de « pays » africains n’existe que depuis…50 ans. 50 ans c’est très peu à l’échelle de l’Histoire. Les pères fondateurs, les leaders africains qui se sont battus pour l’indépendance au prix de leur sang, même s’ils sont pour la plupart décédés très tôt, demeurent encore bien vivants dans les mémoires des jeunes générations. La première génération des leaders, celle qui était jeune au moment des indépendants, et qui a profité pleinement des luttes des pères fondateur, est aussi considérée comme celle de l’échec. C’est cette génération qui a confisqué le pouvoir jusqu’aujourd’hui. Et c’est cette génération qui commence aussi à céder peu à peu sa place, car ces derniers meurent finalement les uns après les autres. Cela signifie que ce seront leaders de la 3eme génération, la notre donc, qui auront le courage et la connaissance pour comprendre que l’Afrique unie est la seule solution pour l’amélioration des conditions des peuples. Soyons patients, les changements sont en cours… Tant que l’Afrique sera morcelée et dirigée par toute une génération d’ancien sous-préféts de l’école coloniale, elle demeurera une prostituée pour les puissances proxénètes qui profiteront de cette division. 

Et parce que le premier arrivé a toujours l’avantage

Comme le dit le proverbe chinois, « le meilleur moment pour planter un arbre c’était il y a 20ans. Le deuxième meilleur moment c’est maintenant ».

Reconnaitre que l’Afrique est en train de vivre une transition générationnelle politique ET idéologique est la première chose à faire. Et certains l’ont compris très tôt.

On assiste depuis les dix dernières années à une vague d’entreprises étrangères  déferlante en Afrique, en Amérique latine et en Asie, prête à profiter des opportunités qui y sont présentes.

Ces entreprises ont simplement compris que si elles veulent continuer à croître, elles doivent élargir leur clientèle aux populations les plus pauvres du monde en concevant des produits accessibles à ce segment de marché en plein boom. La capacité à augmenter ses ventes en élargissant les activités d’une organisation à une région différente est le résultat d’une « stratégie de croissance ». Cette stratégie consiste à réfléchir et comprendre comment concevoir et vendre des produits à des populations dont le niveau de revenus des individus est sensiblement inférieur à la moyenne mondiale.

Au lieu d’attendre les entreprises étrangères, nous devrions être les premier à appliquer ces stratégies!

Henry Ford à l’africaine.

Henry Ford fut un des pionnier de la révolution industrielle américaine. Il était persuadé qu’il fallait une production de masse destinée à une consommation de masse. Convaincu que le progrès passait aussi bien par la production que la consommation locale,  il augmenta significativement les salaires, procurant à ses travailleurs un revenu et un temps libre suffisant pour qu’ils consomment les produits qu’ils ont eux même fabriqué. Il se traduit part une hausse combinée de la production, de la productivité, et de la consommation.Il existe de nombreuses opportunités d’investissement disponibles en Afrique. 

Par exemple, les agriculteurs tanzaniens ont besoin d’investisseurs pour aider à moderniser leur agriculture, c’est une opportunité. 15% de la population du Nigeria possède compte bancaire. C’est une opportunité. le taux de pénétration d’internet au Cameroun est de 6%. Voilà une autre opportunité. A chaque problème, correspond une opportunité. Une fois que nous comprenons ceci, nous réalisons à quel point les opportunités sont nombreuses en Afrique! Ces opportunités, qui sont actuellement disponibles, le sont aussi pour n’importe quelle entreprise n’importe où dans le monde. C’est à vous de décider si vous n’y voyez que des opportunités à exploiter ou des dangers à fuir.

2 Commentaires Pourquoi j’investis l’essentiel de mes économies en Afrique

  1. Melem

    J’ai beaucoup aimé votre article et j’aimerai bien en voir un peu plus sur comment aider les immigrés qui n’ont aucunes notion de finances à investir en Afrique et surtout en ligne.

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    1. Neo

      Bonjour Melem,

      Comment la diapora peut-elle contribuer a l’economie africaine autrement que par des wester Union? Ce sera le sujet d’un prochain article.

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