Confessions d’un loser

J’ai une confession à faire : I screwed up !

Oui, J’ai merdé !

Et je l’assume totalement. Il y a deux semaines, je prenais la décision d’arrêter de blogger. La raison ? Je me trouvais simplement dans une situation personnelle difficile. J’avais besoin de cette étincelle, pour  retrouver l’inspiration, la motivation d’écrire, et me réapproprier de ce blog. Aujourd’hui, même si je ne peux pas dire que j’ai fait le ménage dans ma tête et autour de moi (c’est en cours), je pense il est temps de revenir en arrière et tenter de tirer des leçons de ces échecs. Car comme on dit, il n’y pas d’échecs. Il n’y a que des leçons.

A l’origine : était le rêve…

Tout a commencé par des rêves. J’ai toujours été un rêveur en puissance. Depuis tout petit, j’ai toujours sur que j’étais né pour accomplir quelque chose de grandiose. Je souffrais de ce qu’on appelle le « complexe messianique ».

J’ai renoncé à la sécurité de l’emploi de fonctionnaire dans mon Pays.

Je suis arrivé en France avec 0€ en poche, mais une énorme soif de réussite.

J’ai intégré une école de commerce prestigieuse que j’ai financé à crédit.

J’ai refusé un job à 38K€/an avec voiture de fonction, parce que je ne me reconnaissait ni dans le poste offert, ni dans les valeurs de ladite multinationale.

J’ai investit beaucoup de temps, et d’argent durement gagné dans quelques projets personnels et ceux d’autres personnes…pour un résultat mitigé.

Puis la désillusion.

Arrivé en France, première désillusion : la vie n’est pas aussi facile qu’on se l’était l’imaginé. Entre les discriminations à l’embauche, au logement, les lois vis à vis de l’immigration de plus en plus restrictives, l’adaptation s’avérait plus compliquée que prévue. Les bailleurs qui à l’accent de votre voix au téléphone vous annoncent que l’appartement est tout à coup déjà pris, ceux qui demandent la caution de vos deux parents alors que vous êtes seuls, etc.

Ensuite, le déclassement social. Alors qu’on était parmi les meilleurs chez soi, on se retrouve parmi les moyens, et même les médiocres. L’expression « partir de zéro » prend tout son sens. Comment supporter le regard condescendant de ces profs et étudiants quand vous êtes le seul étudiant à n’avoir jamais entendu parler du traité de Maastricht ? Bah oui ! Les seuls traités dans mon programme scolaire jusqu’ici étaient ceux de Brazza ou de Douala. Mes résultats scolaires s’en sont ressentis. Résulat : un échec cuisant la première année d’études.

Et enfin, les interrogations sur le sens de la vie. Une fois le diplome en poche, rien de pire que de ne pas savoir ce qu’on veut faire de sa vie. Retourner en Afrique? rester en Europe? partir en Amérique? Après un bref passage par la case « corporate », j’ai réalisé à quel point le travail était LE MAL de l’occident. La seule différence entre les pingouins des quartiers d’affaires et les locataires de Guantanamo étant la couleur de l’uniforme, et la fiche de paie.

Et enfin les leçons.

Tout ceci bien sur n’aurait aucun intérêt s’il n’y avait pas de leçon apprise. Car apprendre de ses erreurs, c’est tout ce qui compte. Et des leçon, j’en ai apprise :

  • Le plus difficile lorsqu’on on échoue, ce n’est pas d’obtenir le pardon des autres mais c’est de se pardonner soi même.

Il m’a fallu beaucoup de temps pour comprendre cela. De toutes mes erreurs, rares sont celles où j’ai pu facilement me dédouaner de toute responsabilité. Je m’en suis longtemps voulu plus que personne, d’avoir pris certaines mauvaises décisions ; à commencer par celle d’avoir choisi la France plutôt que l’Angleterre, d’avoir choisi mon Ecole, de n’avoir pas su juger la valeur des diplômes, de m’être entouré des mauvaises personnes, etc…

  • Chaque fois qu’une porte se ferme, une autre s’ouvre. Mais on reste souvent tellement accroché à la porte fermée qu’on ignore celle qui vient de s’ouvrir.

Ceci est le corollaire de la leçon précédente. A force de se lamenter sans cesse sur mos échecs passés, on oublie vite qu’au même moment, d’autres opportunités sont, là, sous notre nez et ne demandent qu’à être saisies.

  • L’entourage est déterminant, et il vaut quelques fois être seul que mal accompagné.

J’ai longtemps souffert de la comparaison avec mes camarades de classe, mes compagnons de promo. Etant dans une école de Management à 10 000€ l’année, a.k.a. le repère par excellence de fils et filles à papa, j’en suis arrivé à jalouser ces abrutis insouciants sont le seul mérite avait été d’avoir eu la chance de naitre au bon endroit. Quand 80% de vos amis viennent en cours en Mini Cooper, ont un emploi avant même la fin de leurs études, passent leurs vacances en Australie et partent en VIE au Japon…vous finissez inévitablement par vous interroger sur votre place parmi tout ce beau monde.

  • Ne jamais abandonner.

Même si j’ai le sentiment d’avoir échoué dans nombreuses choses, je n’ai jamais perdu espoir. Je n’ai jamais changé. Car chaque leçon apprise, chaque erreur, a été une pierre à l’édifice de ma personnalité. Et je sais que ce sont nos imperfections qui font de nous ce que nous sommes. Alors, j’essaye de ne pas me juger trop sévèrement et me focaliser sur mes bons cotés. Parce que j’ai beaucoup de qualités : je me soucieux des autres, je suis gentil, je suis passionné, je suis (assez) intelligent, et aussi j’ai de belles fesses…selon ma copine en fait! 🙂

“Beaucoup rêvent de succès. A mon sens, le succès ne peut être atteint qu’après une succession d’échecs et d’introspections. En fait, le succès représente 1% de votre travail qui comporte lui, 99% de ce qu’on peut appeler échec.” Soichiro Honda

 

 

8 Commentaires Confessions d’un loser

  1. Ben

    Rebondir, rebondir et encore rebondir. Belle leçon de vie, très bien écrit, nul doute que ta personnalité après toutes ces épreuves doit être beaucoup plus intéressante que celles de tous ces fils à papa que tu jalousais autrefois !

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  2. Caméléon

    C’est déjà très bien que tu acceptes toi même tes erreurs, que tu reconnaisses que tu as échoué, mais que rien n’est encore perdu. Il s’agit là d’une thérapie du gagnant à laquelle tu viens de te soumettre. Elle te sera très utile pour ton succès futur, car je reste persuadé que tu réussiras. Comme tu le dis, tu es intelligent et très optimiste et j’ai comme impression que les difficultés te stimulent davantage.
    Vivement que tous nos frères partis à l’aventure et qui n’ont pas trouvé leur voie dans le pays d’autrui, fassent ces analyses et repartent sur de nouvelles bases. Sans quoi, ils auraient eu une existence inutile: d’abord pour leur pays d’origine qui les a perdu (alors qu’ils pouvaient énormément contribuer à son développement), et leur pays d’accueil qui ne veut pas d’eux.

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  3. Adolphe NDEFEU

    Courage mon frère!!! Ton échec serais fatal pour toute une communauté! Mais ne te bats pas que pour le choses que tu auras ici bas… Et surtout, continue à prier comme ton défunt père t’a appris. God bless!!!

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  4. Neyny

    J’avais pas encore lu cet article!!!! c’est surement l’un des meilleurs sur le blog!! il y a de la réactivité et du recul au même moment!!! J’admire vraiment!!!

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  5. Neo

    Merci,

    Cet article date de quelques mois déjà. Pourtant, je dirais qu’il n’y a pas grand chose qui ai changé entre temps. je suis « presque » toujours au même point.

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