Je suis partisan du communautarisme, et je le revendique

Etre différent, et semblable...c'est tout un art.

D’après Wikipédia, le communautarisme est un terme créé aux États-Unis dans les années 1980 pour désigner une philosophie dite « communautarienne » qui affirme que « l’individu n’existe pas indépendamment de ses appartenances, soient-elles culturelles, ethniques, religieuses ou sociales. »

Quand on parle communautarisme en Europe on pense généralement aux communautés : musulmans, juifs, afrodescendants (noirs). Il est vrai que dans ce contexte, ce sont ces groupes de populations qui se retrouvent en minorité face à une population majoritairement caucasienne. La société française par exemple redoute l’existence de certaines communautés (les Noirs, les Arabes, les Asiatiques, les Juifs, les homosexuels…). Trop souvent, l’amalgame est fait entre les communautés et le communautarisme; ce qui conduite à une lutte contre les communautés au lieu de la lutte contre le communautarisme. Et pourtant, on peut être « communautaire » sans être « communautariste ». Les anti-communautaires pour justifier leurs positions, ont recours à des arguments biens rodés, dont le fameux :

« On est nous Humains, semblables et égaux »

Parce qu’il y a cette vision profondément universaliste qui sert de référence aux anti-communautaires : « nous devons être tous identiques, pas d’artéfact… ». Cette vision porte le doux nom de la « laïcité ». La rhétorique récurrente est de dire que la France est par essence républicaine et laïque, et se différencie donc des anglo-saxons par exemple qui ont toujours eu une vision différenciée de la société. Or De toutes les « puissances » coloniales, la France est, de facon directe ou indirecte, celle qui a maintenu le plus étroitement sous sa domination son empire colonial. C’est également celle qui a accepté le moins de « minorités » dans l’exercise du pouvoir. Les deux faits sont liés et tiennent a un aspect inavouable de la mentalité de beaucoup de français qui est le racisme sournois. La France n’a certes pas le monopole du racisme, mais le racisme occupe en France une place particuliere, héritée d’une longue tradition soigneusement occultée, de sorte qu’il s’y perpétue insidieusement alors qu’ailleurs où il a été plus franchement identifié et combattu. Le général De Gaulle en personne (considéré comme le « plus grand français de tous les temps ») s’était lui même prononcé CONTRE L’EGALITE qui fait pourtant partie de la devise de ce pays :

« C’est très bien qu’il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu’elle a une vocation universelle. Mais à condition qu’ils restent une petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine et de religion chrétienne.(…) Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain, seront vingt millions et après-demain quarante ? » « Si nous faisions de l’intégration, si les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ». « Vous les avez regardés, avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que ce ne sont pas des Français ! (…) Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront à nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français » « Avez-vous songé que les Arabes se multiplieront par cinq puis par dix, pendant que la population française restera presque stationnaire ? Il y aurait deux cents, puis quatre cents députés arabes à Paris ? Vous voyez un président arabe à l’Elysée ? »

Et que disait-il déjà des noirs africains et antillais ?

« Nous ne pouvons pas tenir à bout de bras cette population prolifique comme des lapins (…). Nos comptoirs, nos escales, nos petits territoires d’outre-mer, ça va, ce sont des poussières. Le reste est trop lourd »

 » Au Gabon, Léon M’Ba voulait opter pour le statut de département français. En pleine Afrique équatoriale ! Ils nous seraient restés attachés comme des pierres au cou d’un nageur ! Nous avons eu toutes les peines du monde à les dissuader de choisir ce statut ».

Alors, sous le voile de l’égalité et de la laïcité à la française, se cache en réalité un communautarisme « blanc », « chrétien », et « gréco-romain » de facto que de nombreux français naifs et bien-pensant refusent de reconnaitre, et qui lui n’a pas besoin d’approbation pour exister. D’ailleurs, officiellement, il n’existe pas! Et comme on ne peut pas combattre quelque chose qui n’existe pas, voilà Problème réglé! Ouste, du balai! Pourquoi n’existerait-il pas dès lors un communautarisme (sournois) noir? Que pensera un français noir en lisant ce genre de « textes » d’une personne considérée comme un modèle de la république auquel il devrait s’identifier? je me suis souvent posé la question. Si mon fils naissait en France et devenais français, que lui enseignerais-je? A considérer De Gaulle comme un grand Homme? Le rassemblement en communautés des minorité n’est dès lors qu’une réponse à l’exclusion que crée la majorité (volontairement ou non).

L’histoire est jalonnée de nombreuses dérives communautaires

Le communautarisme met en jeu des formes non modernes voire antimodernes de détermination identitaire (raciales, ethnique, religieux, sexuels…), des groupes sociaux spécifiques minoritaires mais dont les revendications de reconnaissance renvoient les sociétés auxquelles elles s’adressent à des pages sombres de leur histoire : esclavagisme, ségrégation, domination, exploitation, humiliation, persécution…

Conclusion : de la nécessité de construire une communauté de communautés noires, et au delà

S’il est évident que les noirs de France n’ont jamais constitué une communauté homogène, celà ne signifie pas qu’une communauté de communautés est impossible. La coopération entre groupes ou communautés, pour construire quelque chose de plus large, pour bâtir un projet commun, nécessite des conditions difficiles à réunir :

– Une confiance réciproque.

– Aucune des communautés ne doit se sentir lésée ou dominée par l’autre.

– Savoir se projeter dans l’avenir pour imaginer les fruits positifs de la coopération.

Les échanges économiques, intellectuels et culturels peuvent favoriser ce genre de coopération. C’est souvent un début. C’est le but même de ce blog, ou du site Angazamag. Angazamag est le fruit de la collaboration entre Africains, Antillais, et afro-américains. Aujourd’hui, avec internet, ça deviens encore plus facile avec notre génération de celle qui nous a précédé.

Comme partout dans le monde et depuis l’origine des temps, le sentiment d’appartenance à une communauté rassure l’individu et donne un sens à son existence. La cohésion culturelle et communautaire, donne à l’individu la motivation d’agir pour assurer sa sauvegarde et le fait se sentir « exister ». Comme le disent les philosophes, l’Homme n’existe qu’à travers autrui, à travers sont environnement.

A l’opposé du communautarisme, l’universalité, c’est-à-dire ce qui est universel, représente des valeurs qui, même si elles paraissent évidentes, ne peuvent être que postulées comme, par exemple, la liberté, l’égalité, la solidarité, la paix, le bien, la morale, la raison, le bon sens… Elles mettent l’accent sur ce qu’il y a de commun à tous les hommes et sur l’unité du genre humain, tout en respectant ses diversités. Les valeurs universelles proposent donc à l’homme un idéal, que l’on pourrait qualifier d’absolu. Mais cet idéal est souvent tellement éloigné de ce que vivent au quotidien les individus qu’il apparaît souvent trop utopique, abstrait.

L’individu que je suis, dans ma solitude et ma petitesse, ne peut pas ne pas faire partie d’un groupe, d’une tribu, d’une communauté… En fait, on appartient toujours à diverses communautés, en général sans rapport les unes avec les autres, quelquefois liées. Ainsi, je peux être à la fois membre de la diaspora africaine de France, hacktiviste au sein des anonymous, supporter du club de foot de Real Madrid, actionnaire d’un groupe du CAC40, détenteur d’une carte de donneur d’organe, membre de l’Eglise du quatre-vingt et unième jour, français… Il est naturel et normal qu’il en soit ainsi.

L’homme, en tant qu’espèce animale évoluée, ne pourra se développer que si toutes les communautés se respectent entre elles et respectent les fondamentaux universels de l’humanité. Alors, ce ne sont pas les communautés qu’il faut combattre, mais les injustices et abus dont sont victimes ces communautés. Voilà pourquoi j’assume men penchants communautaires. J’ai toujours ces paroles du chantre de la Négritude, Aimé Césaire, qui résonnent dans ma tête: « Je suis de la race de ceux qu’on opprime ».

22 Commentaires Je suis partisan du communautarisme, et je le revendique

  1. blingcool

    J’appréhendais en lisant le titre mais, je ne peux que saluer l’article que je trouve personnellement bien argumenté (bon les propos de De Gaulle m’ont bien remonté aussi j’avoue).
    Parmi les idées qui m’ont particulièrement marqué: le caractère SOURNOIS d’un éventuel communautarisme noir (c’est ce que je m’évertue souvent à plébisciter) et la communauté des communautés noires. Celle-ci me semble déjà beaucoup plus adaptée en France que l’idée d’une seule communauté en se basant par la couleur de peau. D’ailleurs comme tu le soulignes toi même, ce serait « un communautarisme « blanc », « chrétien », et « gréco-romain » ». Entrent donc différentes variantes.

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  2. Le Petit Tabaniste

    Alors très simplement. Il y a en effet une hypocrisie républicaine qui veut que nous soyons tous semblables et égaux. Seulement, je crois que c’est une République mal comprise qui nie les différence. En réalité on nie pas la différence, on refuse de donner aux individus une essence autre que celle qui leur est propre, qui résulte d’eux-mêmes. Ainsi, la République refuse de donner (en théorie) des droits particuliers à certains groupes sociaux ou communauté. Cette volonté me semble être un idéal parce qu’elle considérera l’individu de façon « pure ».

    La tyrannie d’une communauté en France est bel et bien celle de blancs chrétiens et j’ajouterais d’hétéros et hommes. Soit. Maintenant cette tyrannie justifie t’elle qu’en réaction on se referme dans sa communauté? Je ne crois pas. Parce qu’en se refermant sur soi-même, on ne fait pas société. Et c’est là même que la France en tant que société perd son sens. En vous repliant sur vous-même, vous ne faites rien d’autre que vous attirer la haine des autres communautés, créer une racisme peut-être plus visible mais tout aussi sinon plus violent. Et à ce moment vous sacrifiez les libertés des individus parce que la communauté prévaut sur ses propres désirs et souhaits.

    Toi qui est libéral, je suis surpris que tu puisse être en faveur du communautarisme. À moins que je comprenne moi-même mal ce que tu mets derrière ce mot…

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    1. Neo

      Je ne pense pas qu’il s’agisse de « donner » des droits particuliers à des communautés, mais plutôt de laisser ces communautés jouir des même droits que les autres. Tu pars en effet du postulat que tous les Hommes naissent égaux (ou « purs » comme tu dis), et que par conséquent, aucun interventionisme n’est nécessaire.

      Or je suis d’avis qu’un être humain peut être égal à un autre être humain sur la base d’un critère déterminé, mais jamais dans l’absolu. même des jumeaux parfaits ne sont pas égaux dans tous les domaines. Si les hommes étaient égaux, on aurait affaire à des clones. L’inégalité des hommes fait la richesse de l’humanité. La combinaison de gènes différents lors de la reproduction assure un perpétuel renouvellement de l’humanité et, par élimination naturelle (voilà mon coté libéral) des mauvaises combinaisons, une adaptation perpétuelle au milieu et une saine évolution.

      Le problème n’est dont pas l’égalité (ou l’inégalité) des hommes, mais la hiérarchisation dont certain sont passés maitres. Comme il y a des hommes dominants (qui ont  » réussi « ), il y des peuples et des groupes dominants. Mais cela est le fruit de circonstances tout autant que du  » mérite  » des intéressés. D’aucuns se servent de cet état de fait pour tenter de prouver une prétendue  » suprématie  » sur les dominés : cela est bien présomptueux.Qui peut dire qu’un peuple ou une race soit supérieur à un(e) autre ? Qui oserait jurer que les peuples européens survivront à aux peuples du tiers monde ?

      Et contrairement à ce que tu penses, je n’associe pas la communauté à un cercle fermé et replié sur lui même. Pour moi, une communauté c’est un noeud d’individus, en réseau avec d’autre noeuds (communautés), avec une logique un peu semblable à « l’architecture logique » du réseau internet. C’est cet ensemble de noeuds interconnectés qui constituent l’espèce humaine.

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      1. Le Petit Tabaniste

        Quand je disais égaux, je traitais uniquement du droit. Il est évident que les hommes ne sont pas égaux de fait; même en ne considérant que des points de vue du physiologique, du talent, ou du milieu.

        Ben on est d’accord aussi sur la présomption de supériorité qui est une stupidité.

        En fait je suis d’accord avec l’ensemble de ton commentaire. Mais alors je ne comprends plus où est la fibre communautariste. Là, tu es juste partisan du droit des individus d’appartenir à diverses communauté. Mais c’est pareil pour moi! Peut-être qu’il n’y a donc pas lieu d’avoir débat alors. En tout cas, pas pour ce que je lis.

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  3. Pyvan

    A l’instar de Blingcool, j’appréhendais aussi la lecture de cet article. Au final j’en ressort agréablement surpris. Tes idées sont clairement développées et toutes défendables.

    Mais permet moi de ne pas être d’accord avec cette « utopie » que tu appelles « communauté de communautés ».
    Une communauté est composée d’individus partageant une histoire, des valeurs et aussi et surtout une culture.

    Les noirs de France sont selon moi bien trop différents pour que ce concept puisse voir le jour. L’histoire COMMUNE entre Antillais et Africains est bien trop ancienne et est quasiment sortie des mémoires. Les différences culturelle entre Africains eux-mêmes (bien qu’invisibles à l’oeil nu) existent. Les jeunes génration ne peuvent se retrouver qu’en occultant la culture et l’histoire de leurs ailleux. Ce qui est impensable.

    De la citation de Césaire on comprend que cette communauté ne serait unie que grâce à cette oppression ou sentiment d’oppression. Mais quid de l’opprimé chez les opprimés.

    Cependant je reste « communautaire sans être communautariste ». Cet article appelle à une réflection collective entre communautés.

    Bravo

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  4. Melween

    « Si mon fils naissait en France et devenais français, que lui enseignerais-je? A considérer De Gaulle comme un grand Homme? »

    Je me suis plusieurs fois posé cette question aussi.

    En tant que noire, mettre au monde un enfant dans un pays qui dit que ses ancêtres ne sont pas rentrés dans l’histoire. Mettre au monde un enfant noir à qui l’enseignement public national fera rentrer dans le crâne de ses disciples que les plus grands hommes sont les Voltaire, Hugo, De Gaulle,…alors même que ces derniers considéraient sa « race » comme des sous-chiens, alors que ces « lumières » sont ceux là même qui ont instauré les pires théories raciales, que ce soit scientfiques, littéraires, religieux,…
    Bref voilà à quoi est condamné un enfant noir qui né en france : apprendre que sa « race » est mauvaise. Et ça fait flipper !

    Alors bien sûr les parents sont aussi là pour éduquer, pour transmettre les traditions, l’histoire,…mais quand les parents eux-mêmes ont été élevés à la culture, à l’enseignement française, ça se passe comment…

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  5. TheMouais

    Tout d’abord, je tiens à remercier l’auteur de cet article qui met nûment à jour l’hypocrisie française quant au communautarisme lorsque demeure d’une part l’histoire peu reluisante de la France, de l’Occident envers autrui et plus particulièrement envers les Noirs qui furent déshumanisés durant des siècles, stigmates qui restent encore malheureusement vivaces…Les propos de De Gaulle sont mêmes plutôt soft par rapport à ce Siècle nébuleux que fût celui des Lumières pour l’Homme de Couleur, cette histoire de France et de l’Occident que je ne méprise nullement fut pour les Noirs l’aune d’une tragédie, la déportation de millions et millions d’Africains..De fait, j’opine aux propos du pseudonyme ci-dessus, comment un gamin d’ascendance africaine naît en France peut-il être stable..?
    L’esprit communautaire avant d’être le remède escompté au difficulté de l’homo africanus naissant en terre inconnue en tout cas de celle de ses aïeux est perdu dès lors qu’il se pose des questions identitaires, le rôle fondamental demeure celui des parents qui doivent transmette leur(s) culture(s) dès lors nous pourrons envisager une communauté noire, africaine, afro-caribéenne ( rayez la(es) mention(s) inutile(s) ) positive et plus uniquement négative qui ne résultera plus seulement de ces plaies encore ouvertes que sont l’esclavage, la colonisation etc.

    Je cite les propos d’un internaute :

     » L’histoire COMMUNE entre Antillais et Africains est bien trop ancienne et est quasiment sortie des mémoires « .

    Que veut donc dire cette affirmation..?

    L’Africain a-t-il cessé de vivre une fois arrivé dans un état lamentable dans les caraïbes, les Amériques..?

    La présence des antillais semblent démontrer le contraire, tant qu’ils seront cette mémoire sera vivace. D’autre part la notion d’ancienneté est relative, elle ne date que de 3 siècles voire un peu plus, ce qui vous l’admettrez n’est pas énorme dans l’histoire d’un peuple, d’une civilisation..Les antillais constituent des(un) peuple(s) encore jeune(s). Le questionnement identitaire commence tout juste à jaillir et s’il s’annonce revigorant et excitant. Un peuple qui s’interroge sur son identité n’est pas victime de névroses pour moi, au contraire il vit, s’interrogeant sur sa culture, ses valeurs mais aussi sur sa position dans l’histoire, le temps et c’est en grande partie pour cela que j’apprécie les Antillais ^^..

     » Les différences culturelle entre Africains eux-mêmes (bien qu’invisibles à l’oeil nu) existent.  »

    C’est un point très important pour moi, mes études n’étant point terminées j’espère pouvoir me consacrer le temps venu à cette problématique.

    N’ y a-t-il aucun socle commun sur lequel pourrait s’appuyer tout africain, sans pour autant annihiler leurs différences ?

    Il me semble que Cheikh Anta Diop fut l’un des plus importants chercheurs en ce sens, de ce que l’on pourrait appeler la conscience, l’unicité – linguistique, culturelle etc. – africaine.

     » Les jeunes génération ne peuvent se retrouver qu’en occultant la culture et l’histoire de leurs ailleux. Ce qui est impensable.  » dixit un pseudo du net  »

    Je ne comprends pas vos propos, pourriez-vous les expliciter si vous repassez sur ce site..^^

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  6. TheMouais

    Hm…On ne peut éditer ses messages * aux difficultés, semble

    Récemment, je me suis faite cette réflexion au sujet des antillais…

    L’Antillais ne puis exister – j’évoque ici le cas des noirs antillais – sans l’Africain, a contrario l’Africain d’aujourd’hui ne ressent aucunement le besoin de se rallier à ces africains jadis déportés qui embrassèrent de force une autre culture, plus je discute avec des Africains – cette dichotomie me gêne mais bon je suis obligée de la faire – et plus je me rencontre du fossé non pas culturel qui nous sépare mais idéologique..

    L’identité est au coeur des problématiques de l’africain, du noir jadis déporté,qui du fait de l’oppression dut se forger une identité capable de résister aux relents nécrophages de ces camps concentrationnaires tout en gardant un modèle qui lui soit propre tant au niveau de la cellule familiale, de son environnement etc..Ces hommes et femmes ont dû réapprendre en quelque sorte à vivre en société, en injectant ici et là la(es) culture(s) africaine(s). De plus, les diasporas noires sont très diverses, les afro-brésiliens par exemple ont carrément reconstitué une mini Afrique à Bahia, ils sont capables de dire quels éléments de leur culture est Yoruba ou autre etc., le candomblé spiritualité africaine reste un point d’ancrage important pour les afro-brésiliens, il en est de même pour les Haïtiens avec le vodun en somme l’afro-descendant est en perpétuel recherche son histoire étant la résultante d’une perte de soi, de son humanité et de sa culture etc. et de réminiscences, les contes, les proverbes antillais sont révélateurs de cela d’ailleurs. Le temps, l’environnement, altérant ou fortifiant..
    Ces conditions de vie désastreuses, indignes même d’un chien désagrégeant plus ou moins fortement selon les cas les cultures africaines que portèrent en eux ces africains déportés.

    J’en oublierai presque pourquoi j’étais (re)venue, voici la réflexion – ontologique – qui me vint à l’esprit :

    J’ai toujours refusé cette coupure entre l’Afrique et les diasporas noires, non pas que je sois une masochiste ressassant éternellement l’esclavage, au contraire c’est justement pour se libérer de ce lien morbide – esclavage ou youpi on est tous des métis, chouette nos aïeules se sont faites violer à tour de bras – que je prône un retour historique, linguistique etc. à l’Afrique où précisément je ne sais pas ^^, c’est tout le problème de l’afro-descendant. Je m’explique, dans l’esprit de l’Antillais il est avant tout un descendant d’esclaves, en fait son Histoire, commence avec le déni, le reniement de son Humanité ce qui pour le moins pesant, une telle identité me paraît dangereuse, trop négative..

    Non pas qu’il faille occulter ce pan de l’Histoire, ils sont certes le fruit de l’esclavage mais avant d’être des esclaves leurs aïeux étaient des hommes, des femmes respectables ou pas, je ne saurais le dire, attachés à une terre avant d’en être déracinés..Un retour aux sources est plus que nécessaire, c’est primordial.

    Ma thèse – si je puis dire ^^ – me porte à croire que l’opposition Antillais/Africains est plus que futile, et que les deux sont superposables comme des legos tout dépendra de la bonne volonté que chacun y mettra. Ah ah ah ah !

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  7. Neo

    @TheMouais,

    merci pour tes longs (et non moins intéréssants) commentaires.

    Concernant les différences africains-antillais, je me suis déjà exprimé dessus par le passé. Le fossé idéologique entre africains, antillais, et même afroaméricains n’est qu’apparent.

    La question identitaire ne surgit que lorsqu’on se trouve confronté à d’autres peuples, à d’autres civilisation. Or l’Afrique étant encore un continent pas si ouvert que ça, la plupart des africains ne cotoient que d’autres africains, des ethnies voisines. Du coup, la question identitaire chez beaucoup d’africains en Afrique est avant tout une question ethnique (et qui du fait des frontières artificielles entre pays héritées de la colonisation, deviens aussi une question nationale). Du coup, la plupart des africains sont très éloigné des problématiques des diaspora, pour qui la question identitaire se pose vis à vis de l’occident, de l’esclavage, etc… Avant de quitter l’Afrique, je n’avais jamais rencontré d’antillais ni d’afro américain. Du coup, je ne m’interrogeais pas sur leur condition plus que ça! Tout comme la plupart des diasporas qui regardent vers le continent manquent de « grille de lecture » pour comprendre comment les choses ont évolué sur place depuis la déportation de leurs ancêtres ils ya 300ans.

    C’est pour cette raison que j’ai dit qu’une communauté de communautés était à mon sens l’idéal. C’est aussi pour celà que je pense que les mouvements panafricanistes devraient promouvoir l’idée du fédéralisme qui à mon sens est le mieux adapté.

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    1. TheMouais

      Merci Neo pour votre réponse.
      Je n’ai osé conclure ainsi dans mon second message mais je le pense si fortement que je me dois de l’écrire ^^..Se couper de ses racines revient à s’amputer de son Humanité première et véritable car notre histoire pour moi ne commencera jamais avec l’esclavage.

      En effet, plus le temps passa et plus l’Afrique devint lointaine pour nos aïeux, aujourd’hui elle est abstraite, un objet dont on voit l’esquisse à travers les médias et autres reportages larmoyants, l’afro-descendant n’est pas en mesure d’appréhender l’Afrique dans son unicité et sa pluralité, ils nous manquent énormément de clefs d’où l’importance d’une éducation afro-centrique( et non triste )..Il est vrai que les africains ont la chance de pouvoir se situer, s’attacher à une région spécifique, une langue, une ethnie etc.

      Je vous fais part d’une idée qui traverse mon esprit depuis de nombreuses années, je ne sais quel nom donner à ce concept, j’ai lu d’ailleurs un article récemment sur ça il appelait cela l’ethno-tourisme gardons cette appellation en dépit de mieux..
      Des afro-américains à la recherche de cette Afrique perdue – croyons-nous – pratiquaient ce tourisme roots, retour aux sources si je puis dire, ce serait un champs possible à développer car je pense qu’il y a une véritable demande de ce qu’on appelle  » l’ethno-tourisme  » au sein des diasporas noirs…
      Car en général, les afro-brésiliens, les afro-caribéens et autres afro machin ^^ n’ont aucune attache, famille en Afrique et donc partir là-bas est une inconnue d’autant plus terrifiante que l’on peut avoir tendance à idéaliser, magnifier l’Afrique ou au contraire à n’y voir que des terres de désolation..Ce serait un secteur économique vraiment intéressant à développer.

      Mon expérience personnelle me fait dire qu’un tel voyage doit être dûment préparé, il faudrait qu’il y ait une prise en charge spécifique pour ces afro-descendants, imaginons par exemple 1 semaine de vulgarisation à la culture du pays ( visites de musées,lieux, monuments historiques, apprentissage sommaire de la langue du pays etc. )..Hm..Le blème c’est que la situation socio-économique des afros n’est pas des meilleures en général ; )

      Vous savez Neo plus de 3 siècles après, retourner en Afrique ce qui aurait été inimaginable pour nos aïeux, c’est comme défier l’Histoire, ce fut l’un des plus grands moments de ma vie bien que je sois encore jeune ^^, un tel voyage doit être inoubliable, Aimé Césaire l’a mieux écrit que moi..

      Ouvrir l’Afrique à ses diasporas seraient aussi un bon moyen de développer de nouveaux secteurs d’activités – et de propager les cultures africaines – encore inexploités.

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  8. TheMouais

    Neo, je vous prie de m’excuser pour mes longs messages qui n’ont pas tellement de rapport avec la thématique de votre article. Je m’enflamme assez vite ^^..

    J’aimerais développer plus longuement mon point de vue sur le communautarisme, je me contenterai de répondre à Petit Tabaniste qui voit dans l’émergence d’un communautarisme afro les germes de la discorde au sein de la société française car selon lui on s’attiserait les rancoeurs d’autres communautés, je trouve sa défense pour le moins étrange, car d’une part il atteste l’existence d’autres commu. sur le territoire français tout en affirmant qu’il y a bien un système tyrannique imposé – selon ses propres termes – aux non-blancs, ainsi je ne sais par quels subterfuges grotesques il en arrive à refuser toutes velléités communautaires aux Noirs car selon lui on créerait le racisme..

    BOUM

    Je pense que ce monsieur s’est laissé séduire par la verve des assimilationnistes, sans saisir les conséquences délétères qu’auraient une telle acceptation soit ce monsieur est blanc. Dans tous les cas, le racisme n’a pas besoin de communautés afros pour exister et se répandre, les noirs esseulés qui ont vécu à la campagne parmi les blancs me comprendront.

    J’vais faire court, le communautarisme contribuerait à mon sens à faciliter l’intégration et la venue des étrangers africains – voire des antillais bien que l’on soit français depuis des lustres – consolider les liens culturels, économiques, créer des ponts économiques entre la France et l’Afrique en soutenant nos entrepreneurs les fameuses tontines seraient encore plus à développer en France.

    Pourquoi le communautarisme c’est super cool ?!!!!

    – Il préserve la communauté nationale – celle dont parle De Gaulle – de l’acculturation et par la même occasion les Noirs aussi se préserveraient. Puis de toute façon les blancs le font d’eux-mêmes quand il y a trop de noirs ou d’arabes, ils partent…

    – Mettre fin à l’hypocrisie française, chacun de son côté tout en respectant les lois de la République française bien sûr ^^ et respecter les autres communautés est primordial.

    – Personne n’aime être en minorité, c’est pratiquement naturel d’aller vers son semblable…Chassez le naturel, il revient au galop Ahahaha..

    – Dites-vous amis de la France blanche et éternelle que si les étrangers éduquent leurs enfants dans un paradigme autre que celui la communauté nationale, ceux-ci ont plus de chance de retourner vivre et d’investir sur la terre de leurs aïeux !!! Le rêve africain sera..Youhouuuu .

    C’est bénef pour tout le monde au fond.

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  9. Ndoum

    « Les différences culturelle entre Africains eux-mêmes (bien qu’invisibles à l’oeil nu) existent. »

    @ TheMouais, je te conseille juste deux livre que tu peux trouver dans les bibliothèques de <paris si tu es en France : Alerte sous les tropiques et <nations nègres et cultures du Professeur Cheihk Anta Diop. Cette affirmation est bien évidemment fausse.

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  10. The Albatross

    Le communautarisme en général est loin d’être la panacée car souvent le modèle sur lequel les tenants du communautarisme souhaitent s’adapter est inapplicable sur le territoire français et ce pour deux choses:

    1. Le communautarisme tel qu’il est aux Etats-Unis avec la communauté afro-américaine qui est l’une des plus médiatiques (mais l’une de celles qui réussissent le mieux dans la société US) et suscitent le rêve chez tant de noirs a pour origine la constitution de 1783. En effet, en considérant les noirs comme esclaves et non citoyens, les bases d’un communautarisme était posé, le monument a été construit par le Japanese Exclusion Act et le Chinese Exclusion Act, deux lois stigmatisant des personnes selon leur origine. Bref, tout un contexte qui n’a pas existé en France.

    2. Les valeurs qui cimentent la communauté afro-américaine sont les fruits d’une histoire typiquement américaine: Ils ont été esclaves puis en situation d’apartheid, ont dû se battre pour avoir les droits les plus élémentaires. Ce que je veux dire, ici, est que la seule chose qui peut le rapprocher de l’Afrique, c’est leur couleur de peau, sinon leur histoire et culture ne sont pas africaines mais américaines. Ceci leur confère une certaine unité au sein de leur communauté que n’ont pas les noirs de France.

    Une communauté de communautés noires? Cela semble déjà plus pertinent car cela prend en compte l’hétérogénéité de la « diaspora » noire en France. C’est d’autant plus important que nous avons un avantage culturel indéniable sur les afros-américains: nous avons un pays d’origine, une langue, des coutumes donc un point d’ancrage africain. Des petites communautés noires pour chaque pays seraient plus homogènes ce qui est un critère de réussite pour une communauté.

    Toutefois, j’ai deux gros bémols à opposer:

    1.Après avoir pris en compte les différences parmi les noirs de France, on devrait encore une fois les réunir avec come seul trait d’union, la couleur de peau dans une communauté de communautés noires. Ca me semble irréalisable car au-delà des lignes de fracture « nationales », il y a celles religieuses qui sont source de conflit en Afrique. Le cas des antillais doit être débattu. Je pense que dire les Antillais et les Afro-américains sont africains revient à dire que les mexicains sont espagnols ou que les australiens sont anglais i.e ça n’a pas de sens.
    Ces peuples ont eu une histoire séparée de l’Afrique depuis plusieurs siècles et tous les liens culturels qu’ils ont se rapportent à des territoires, des us et coutumes non africaines.

    2. En créant de nombreuses petites communautés noires, leur audience par communauté prise une à une restera assez faible. Effectivement, une communauté forte n’est pas une communauté nombreuse mais une communauté qui sait faire entendre sa voix au sein d’un état. L’autarcie est demeure contreproductive et même dans le cadre d’un grand groupe.

    Enfin, est-ce qu’on est certain que le communautarisme est réellement le remède aux problèmes qu’ont les noirs de France?

    Je pense que les problèmes qu’ont les noirs de France se situent dans le fait qu’ils soient majoritairement dans les classes sociales basses et qu’ils ont de plus en plus de mal à réussir une ascension sociale. Ce problème, ce sont plus les fils et petit-fils d’immigrés (donc des Français d’un point de vue nationalité) qui les connaissent que les véritables immigrés. Souvenons-nous que pour un africain, émigrer en France est une ascension sociale. De nos jours, ce sont les fils d’immigrés qui divaguent. Je suis certain qu’il est plus utile de rappeler aux fils d’immigrés qui en ont besoin les opportunités qu’ils ont en vivant en Europe (qui ne seraient pas présentes en Afrique) sont à SAISIR absolument et surtout que leurs parents ne sont pas venus ici pour que leurs fils:

    1) fassent le même métier qu’eux en France
    2) terminent dans des prisons françaises.

    Bref, 3 éléments à rappeler qui peuvent avoir des effets immédiats:

    1) rappeler qu’ils doivent réussir à l’école (et réussir dans le contexte actuel c’est beaucoup plus qu’avoir son bac)
    2) avoir de l’ambition chacun à son niveau en ayant une mentalité plus entrepreuneuriale (que ça aille de la simple boulangerie à une start-up avec tout ce qu’il y a entre)
    3) apprendre sa culture pour savoir se vendre!

    On attend souvent du communautarisme et du jeu des communautés qu’ils rendent le « faible » individuellement fort en l’intégrant dans un collectif fort. Cela rejoint le principe du joueur de football nul qui se taille un palmarès en béton armé car il est dans une très grande équipe. Or c’est le chevalier qui fait l’armure et non pas l’armure qui fait le chevalier. Un groupe est fort parce qu’individuellement ses membres sont forts. Le problème de la « force » (ici force sociale) dont sont dépourvus les noirs de France se résoudra de manière individuelle, le collectif fort n’est pas un moyen mais uniquement une apothéose, une réunion de « forts ».

    On voit les limites de cela en Afrique du Sud avec la discrimination positive en faveur des Noirs. Seuls les « meilleurs » (au sens économique et social) noirs ont su en profiter pour s’élever socialement. La plupart demeure pauvres avec plus d’opportunité certes mais toujours pauvres car le cercle vicieux social dans lequel ils sont plongés les empêchent de progresser.

    Pour finir, je dirais que le véritable racisme aujourd’hui en France est plus social que racial. Un combat social acharné est en train de se jouer et les noirs de France doivent être prêts à le remporter.

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  11. TheMouais

     » 1. Le communautarisme tel qu’il est aux Etats-Unis avec la communauté afro-américaine qui est l’une des plus médiatiques (mais l’une de celles qui réussissent le mieux dans la société US) et suscitent le rêve chez tant de noirs a pour origine la constitution de 1783. En effet, en considérant les noirs comme esclaves et non citoyens, les bases d’un communautarisme était posé, le monument a été construit par le Japanese Exclusion Act et le Chinese Exclusion Act, deux lois stigmatisant des personnes selon leur origine. Bref, tout un contexte qui n’a pas existé en France  »

    Que racontez-vous jeune homme..? Je crains de trop bien comprendre vos écrits..

    – Le code noir de 1685 à 1789 date de la fameuse Déclaration des droits de l’homme qui ne reconnaît pas ces droits élémentaires aux habitants des colonies des caraïbes.

    – 1794, 5 ans plus tard non par magnanimité ils abolissent l’esclavage, les Noirs des colonies ne seront pas pour autant considérés comme égal en droit, ils n’auront aucun droit .

    – 1802, Bonaparte rétablit l’esclavage..etc..Je ne vais pas faire toute l’histoire ici, d’éléments rudimentaires..

    J’ajouterai juste que le code noir inspira les législateurs de l’époque aux States..

    Nous pourrions aussi évoquer la colonisation bien que le théâtre soit extérieur à la France, le contexte n’en était pas moins un rapport de dominant /dominé.

    2.  » Les valeurs qui cimentent la communauté afro-américaine sont les fruits d’une histoire typiquement américaine: Ils ont été esclaves puis en situation d’apartheid, ont dû se battre pour avoir les droits les plus élémentaires. Ce que je veux dire, ici, est que la seule chose qui peut le rapprocher de l’Afrique, c’est leur couleur de peau, sinon leur histoire et culture ne sont pas africaines mais américaines. Ceci leur confère une certaine unité au sein de leur communauté que n’ont pas les noirs de France. »

    Hm..J’en ai vraiment marre de ces personnes qui prennent systématiquement en exemple les afro-américains pour dire d’une part que ceux-ci ne sont plus voire n’ont jamais été des africains, raisonnement que je trouve éminemment absurde et simpliste. D’autre part, la communauté afro-américaine n’est pas un bloc monolithique comme toute les communautés elle est composée de nombreuses mouvances, certaines se rattachant depuis le déracinement à l’Afrique, d’autres mouvements sont plus intégrationnistes voulant se fondre dans le moule Wasp, ( cf Du Bois vs Garvey à ce sujet )..De plus, les afro-américains rien que par leur dénomination ont décidé de marquer leur attachement à un continent précis, ce n’est pas à vous  » vrais  » africains auto-proclamés de décider pour eux.
    J’ajouterai pour finir que les afro-américains ont dû faire face à l’arrivée massive de Noirs qui n’avaient pas la même histoire, en l’occurrence les Haïtiens, les Jamaicains, les Africains etc. pourtant ceux-ci ont – non moindre mal – pu intégrer cette communauté ( voir le cas le plus significatif Barack Obama qui fut poussé par le lobby afro-ricain pour lequel votèrent massivement les afro-ricains ). Je n’ai pas la prétention de connaître et de comprendre parfaitement les afro-américains mais leur rapport à l’Afrique est bien plus compliqué. Ne simplifions pas à outrance.

     » 3. Je pense que dire les Antillais et les Afro-américains sont africains revient à dire que les mexicains sont espagnols ou que les australiens sont anglais i.e ça n’a pas de sens.
    Ces peuples ont eu une histoire séparée de l’Afrique depuis plusieurs siècles et tous les liens culturels qu’ils ont se rapportent à des territoires, des us et coutumes non africaines.  »
    Comparaison n’est pas raison, les hollandais, anglais et autres vinrent en conquérant en Océanie décimant au passage plus de 90 % des la population autochtone, ils n’ont pas eu à se défaire de leur langue, religion, culture où même à se poser des questions, il me semble qu’ils sont toujours attachés au Commonwealth ..Pour ce qui est des mexicains c’est tout aussi compliqué et en général pour l’Amérique du sud, les aztèques et autres grp indigènes essaie désespérément de faire reconnaître leur patrimoine..Bref, c’est complexe..

    Que racontez-vous encore une fois..?

    Je me suis évertuée dans mon précédent post à démontrer d’une que les diasporas noires étaient diverses et de deux que les cultures africaines étaient en certains endroits encore en vie..

    Je continue la descente aux enfers en vous lisant..

     » Seuls les « meilleurs » (au sens économique et social) noirs ont su en profiter pour s’élever socialement. La plupart demeure pauvres avec plus d’opportunité certes mais toujours pauvres car le cercle vicieux social dans lequel ils sont plongés les empêchent de progresser.  »

    Heureusement vous ajoutez entre parenthèses : au sens économique et social sinon j’aurais pu croire que vous étiez..

    Un affreux libéral individualiste ^^..Justifiant sans honte la domination des uns sur les autre..

    C’est simple, ils ne sont pas les meilleurs, seuls quelques noirs malins comme des hyènes ont su s’extirper du système – Dieu soit loué -..

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    1. TheMouais

      J’ai oublié des mots + des fautes..

      * Non sans moindre mal, essaient, de, champ

      Sur ce terme afro-américain popularisé par Malcolm X, je précise que ce fut une lutte acharnée pour qu’ils soient non plus seulement des Noirs en Amérique appellation les ramenant continûment à leur pigmentation mais bien des African-American ce qui les rattache à un socle civilisationnel bien précis.

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  12. TheMouais

    Hm..Mon dernier message après dodo..

    Je suis toujours surprise par ces africains qui disent mais eux – les diasporas noires – ne sont plus du tout des africains, ils ont tout perdu ces nigauds ils appartiennent dès lors à un autre monde..

    Une telle affirmation supposerait d’une part une connaissance quasi parfaite des diverses cultures africaines car vous n’êtes point sans savoir Messieurs et Mesdames les pédants que les africains n’étaient pas tous chopés au même endroit, ils prenaient volontairement – à l’homme blanc est intelligent tout de même ^^ – des esclaves de diverses régions, parlant d’autres langues pour qu’ils ne communiquent pas ensemble, par exemple dans le créole guadeloupéen nous trouvons successivement des mots wolof, kikongo, kimbundu..etc..

    Déceler le pourcentage d’africanité chez l’afro-descendant est pour le moins ardu si l’on n’est pas soi-même un fin connaisseur des diverses cultures africaines.. Arrêtons-nous sur ce simple constat, le phénotype en dit déjà beaucoup..Aimé Césaire faisait souvent allusions à ses racines bambara, il restera à mon goût plus africain qu’un Senghor..

    Répondre
  13. The Albatross

    1) Le nombre de noirs dans la France de l’époque du Code Noir et de Bonaparte était très faible, beaucoup plus faible que le nombre de noirs aux Etats-Unis à la même époque, suffisamment faible pour que l’on puisse dire que le Code Noir s’appliquait surtout dans les colonies françaises , celles du 1ère empire colonial français, (Antilles et un peu Amérique) et pas en métropole. Aujourd’hui la diaspora noire de France est établie en métropole et quand le phénomène s’est généralisé, ces lois n’existaient plus. Il y a donc une différence en termes de territoires (métropole contre colonies du premier empire) qui est inexistante dans le cas des Etats-Unis.

    2) Si les Haitiens et les Jamaïcans n’ont pas eu la même histoire que les afro-américains, elles présentent de très fortes similitudes. Ce sont tous trois des peuples issus de personnes déportées d’Afrique vers ces territoires pour être réduit en esclavage. La logique de peuples qui ont connu une histoire propre pendant plusieurs siècles dans des territoires non africains demeure. De plus, c’est cette funeste histoire sur ces territoires qui les caractérisent (cf leur nom) car sans cela, ils seraient des Africains comme l’ont toujours été leurs ancêtres avant le seizième siècle. Les africains eux-mêmes ont toujours été fasciné par la communauté afro-américaine au point que la plupart des africains citeront plus promptement des noirs américains plutôt que des africains comme réponse à la question « Quels grands défenseurs de la cause noire connaissez-vous? » donc ils s’y intègrent plus facilement.

    Pour ce qui est d’Obama, j’ai tendance à dire que ce qui a joué dans sa progression et son ascension est le fait qu’il soit un « noir » différent. Obama n’est pas afro-américain dans le sens où il n’est pas descendant d’esclaves donc en soi il est moins un « noir comme les autres ». Après c’est normal que lui et le lobby afro-ricain se soient servis l’un de l’autre d’un point de vue pragmatique.

    3) Les afrikaners, les australiens ou même les Québecois (un exemple que je connais tout particulièrement) sont attachés au Commonwealth mais pas pour ce qu’il symbolisait à sa création: l’Empire Britannique. Pour commencer, les afrikaners ont subi la colonisation par les anglais (il y a 2 colonisations) donc l’attachement au Commonwealth est très léger. C’est encore pire pour les Québecois qui ont des velléités nationalistes.

    L’Amérique du Sud est plus complexe mais dans beaucoup de ces pays, la majorité est blanche, une culture propre à ces territoires est née donc pas de rattachement aux ancêtres très lointains ayant vécu sur un autre territoire. Les aztèques et les autres peuples indiens minoritaires réclament leur reconnaissance contre ces états mais cela est différent du cas des « afros-américains » ou des jamaïcains car ils n’ont pas été déportés.

    Pour le point de vue de social, je faisais tout simplement un constat sans prise de position sur le bien fondé de la domination des uns sur les autres. J’ai une opinion là-dessus mais je ne l’ai pas donnée car il ne s’agissait que d’un constat.

    Le rattachement à l’Afrique qu’implique le terme afro-américain est selon moi une chimère qui repose uniquement sur la couleur de peau. Ils ne sont plus Africains d’un point de territorial depuis 500 ans pour la plupart, leurs noms sont américains (anglo-saxons) et non pas africains, leur langue est l’anglais et pas une langue africaine, leurs nourritures, leurs coutumes ne sont pas africaines mais plus liés à leur histoire aux Etats-Unis. Une simple dénomination ne suffit pas à rendre une « africanité » que ce soit pour un afro-américain comme pour un fils d’immigrés qui ignore tout de la culture de son pays d’origine. C’est pourquoi j’insistais sur le fait d’apprendre la langue ou dialecte de son pays d’origine.

    Répondre
  14. TheMouais

     » 1) Le nombre de noirs dans la France de l’époque du Code Noir et de Bonaparte était très faible, beaucoup plus faible que le nombre de noirs aux Etats-Unis à la même époque, suffisamment faible pour que l’on puisse dire que le Code Noir s’appliquait surtout dans les colonies françaises , celles du 1ère empire colonial français, (Antilles et un peu Amérique) et pas en métropole.  »

    Superficielle, telle est votre analyse.

    Les Africains des caraïbes vivaient dans un système concentrationnaire où les créoles – acception première – étaient nombreux, l’apartheid était donc de mise les héritiers des négriers bien qu’il soient de moins en moins puissants ont un pouvoir important aux Antilles.
    Ce qui se passait dans les caraïbes, notamment les nombreuses révoltes d’esclaves qui eurent lieu inquiété l’Empire, je sais bien que le théâtre était extérieur, les Antilles faisaient partie de l’Empire français sachant cela je ne séparerais pas la France de ses colonies. Ce que vous faites sans sourciller..

     » Il y a donc une différence en termes de territoires (métropole contre colonies du premier empire) qui est inexistante dans le cas des Etats-Unis.  »

    En êtes-vous sûr ? Je ne connais pas assez l’histoire des Etats-Unis, je ne me souviens que de quelques extraits du livre de Tocqueville sur le vent démocratique où il évoque longuement les States, Les Etats qui sont unis, cela inclut qu’il fût une époque où ces états n’étaient point unis et ne constituaient pas une entité une et indivisible..J’vais ressortir ce livre.

    Continuons..

     » 2) Si les Haitiens et les Jamaïcans n’ont pas eu la même histoire que les afro-américains, elles présentent de très fortes similitudes.

    Alors..là..Soit vous n’avez jamais fréquenté d’Haïtiens et de Jamaïcains ce qui explique les propos ci-dessus..Soit vous mettez les descendants d’esclaves dans le même sac sans demi-mesure, nos histoires et cultures sont différentes..
    Si vous pouviez me donner un exemple de ces très fortes similitudes, je suis toute oui.

    . » Les africains blabla citeront plus promptement des noirs américains plutôt que des africains comme réponse à la question « Quels grands défenseurs de la cause noire connaissez-vous? » donc ils s’y intègrent plus facilement.  »

    Heu..J’ai énormément de mal à comprendre votre argument..
    Si un homme noir est défenseur de la cause noire, il défend tout être noir sur Terre, sa portée est universelle, ils s’intègrent plus facilement parce que les afro-américains ne tirent pas des gueules de trois mètres lorsqu’ils ont affaire à des noirs de cultures différentes, ils sont mêmes capables de voter pour un non afro-ricain c’est dire.., des panafricains avant l’heure en somme.

    Wé..L’explication du pourquoi les afro-américains ont voté for Obama oulalala..Je vous laisse nager dans les méandres psychologiques des afro-américains..Le noir différent hihi, j’ai souri c’est déjà ça ; )

     » L’Amérique du Sud est plus complexe mais dans beaucoup de ces pays, la majorité est blanche, une culture propre à ces territoires est née donc pas de rattachement aux ancêtres très lointains ayant vécu sur un autre territoire.  »

    Le faites-vous exprès..?

    Les espagnols n’ont pas été déportés, ils vinrent d’eux-mêmes, ameutés par l’esprit de lucre, il clair que dans ces circonstances ils n’ont pas eu des question à se poser sur leur propre identité, c’est simple ils amenèrent l’Espagne avec eux, de plus ces pays d’Amérique du sud furent longtemps attachés à la couronne espagnole il me semble..Corrigez-moi, si je me trompe..Après qu’il se sont détachés culturellement, historiquement de l’Espagne j’en doute, les grands écrivains étudiés et en général les références dont ils doivent user sont espagnols, Miguel de Cervantes et autres, ils n’ont jamais été déracinés en gros..

    Le plus gros du morceau..Continuons ; )

    J’ai ce proverbe souvent en tête : Certains ont la mémoire aussi perméable que celle de l’anus d’un babouin..

    Vous aimez les comparaisons, je vais en faire une..

    C’est comme si vous disiez que l’histoire des juifs commence avec la Shoah, je ne le répéterai jamais assez celle des afro-descendants ne commencera jamais avec l’esclavage. Je me sens tout autant concernée, impressionnée par l’histoire antique de l’Afrique etc., je ne suis étrangère devant cette histoire elle est aussi mienne.

     » Le rattachement à l’Afrique qu’implique le terme afro-américain est selon moi une chimère qui repose uniquement sur la couleur de peau.  »

    Selon vous…Oui.

     » Ils ne sont plus Africains d’un point de territorial depuis 500 ans pour la plupart, leurs noms sont américains (anglo-saxons) et non pas africains  »

    Quel argumentaire pauvre..Vous voulez que l’on parle des prénoms et noms portugais qui pullulent en Angola, ou des Blanche – le prénom  » que j’ai déjà croisé en France.. ; )

    Leurs noms américains oui..Malcolm a même remplacé son nom par X car il savait que celui-ci était le nom que les propriétaires d’esclaves donnaient à leurs marchandises..Vous n’allez pas condamner les afro-ricains pour cela, ils ne l’ont pas choisi..Anachronisme navrant.

     » Leur langue est l’anglais et pas une langue africaine, leurs nourritures, leurs coutumes ne sont pas africaines mais plus liés à leur histoire aux Etats-Unis.  »

    Êtes-vous schizophrène ?

    Vous opérez une sorte de dédoublement étrange, comme si l’africain déporté était un objet abstrait sans consistance, les us et coutumes des afro-ricains sont directement liées du patchwork culturel africains, cela va de soi. Ce n’est pas parce que vous vous êtes incapable de le voir et de le comprendre que cela n’existe pas. Le Blues..J’ai le blues, de très beaux chants qui sont anglais mais qui ont indubitablement une âme africaine ; )..Le Jamabalaya c’est super bon à ce qui paraît, je ne connais pas plus la gastronomie afro-africaine, il semblerait qu’ils adorent le poulet ; ).

     » C’est pourquoi j’insistais sur le fait d’apprendre la langue ou dialecte de son pays d’origine.  »

    Wé..A quoi sert-il d’apprendre une langue qui n’a aucune utilité..? Je suis volontairement dans la provoc.

    Je pourrais vous citer des dizaines de pays en Afrique où les langues officielles sont le français, l’anglais ou autres..Tout sauf des langues africaines.

     » Une simple dénomination ne suffit pas à rendre une « africanité » que ce soit pour un afro-américain comme pour un fils d’immigrés qui ignore tout de la culture de son pays d’origine.  »

    Bha..Vous voyez !!!!!!!!!!!!

    Nous sommes d’accord finalement, l’africanité est un concept abscon et inutile..

    Sur ce Adieu.

    Répondre
  15. Josué

    Super article Néo, justement pour rebondir sur ce qui a été dit précédemment, je pense qu’il faut, dans le cas où des enfants que l’on a conçu grandissent en France, leur transmettre un sens politique.

    C’est à dire, non pas leur apprendre « De Gaulle est un grand homme » ou « de Gaulle est un con », mais plutôt de les invité à ne réflexion philosophique et stratégique. en gros moi je dirais plutôt « de Gaulle avait fait telles choses pour la France » mais à côté « il avait aussi été responsable de ça et ça… ». En gros, étayer l’esprit critique, faire comprendre à l’enfant que le monde ce n’est pas les gentils ou les méchants, ce sont une sommes d’intérêts qui s’affrontent, entrent en contradiction parfois, s’allient et s’accordent d’autres.

    Je pense pas que ce soit un vrai problème que des enfants noirs grandissent en France à condition de leur donner très tôt ce sens politique afin qu’ils puissent prendre du recul sur leur environnement. Et leur transmettre aussi un sentiment d’appartenance à leur communauté qui est la communauté noire.

    Pour rebondir sur ce que disait Pyvan, je pense personnellement que la communauté noire existe. En effet, si elle se composent de multitudes d’identités locales, il n’en demeure pas moins que la place de la communauté noire dans le monde est clairement identifié et que les enjeux de la communauté tout entière dépendent du bien portant des communautés qui la composent, et vice versa.

    Il y a à mon avis un lien de connexité entre les destins qui est suffisamment fort pour qu’il y ait ce « bien commun » à toutes les communautés à mon avis. Une histoire: celle d’un sous-continent, un avenir commun celui du développement de ce continent, et surtout, une race commune qui nous constitue en tant qu’identité au regard du reste du monde.
    Les similitudes existent et si cela demandera un effort ou deux d’adaptations, il faut que les noirs se solidarisent, c’est une question de bon sens pour moi.

    Enfin je suis pas super d’accord avec Néo, je pense au contraire que la communauté noire devra se révéler au grand jour, car faire une « communauté sournoise » demanderait beaucoup trop de temps pour changer les mentalités et ne serait pas aussi efficace que de disposer réellement d’institutions et lieux de rassemblements qui nous seraient propres. Les blancs ont leurs lieux de rassemblements que sont les institutions publiques, les noirs ont le droit d’avoir les leurs, à travers une initiative privée.

    Bien à vous !

    Répondre

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