Quand est-ce que l'Afrique compte tirer profit de la mondialisation?

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Mon pays est souvent cite parmi les bénéficiaires potentiels de la nouvelle configuration commerciale mondiale, mais on oublie souvent que les revenus des exportations de ressources naturelles financent essentiellement la consommation publique si ces revenus ne se volatilisent tout simplement pas par la magie des ces chefs traditionnels fonctionnaires incapables de penser la modernité.

Alors que l’économie (dans le sens de création des richesses) devrait nous préoccuper et être aussi au cœur du debat republicain, on constate un silence complet ou lorsqu’il y a des petites gesticulations, on voit ces ministres et surtout leur guide lui-même, parler en des termes très vagues qui montrent bien qu’ils n’ont aucune idée claire sur la destination finale. On voit des gens qui au lieu de fournir juste un petit effort pour comprendre un peu comment nos aspirations collectives pourront être atteintes ne cessent de répéter des « oyé » et autres slogans.

C’est un peu comme ce conte d’une fille qui demandait au sage: « vieux sage, je voudrais aller quelque part pour apprendre et changer ma vie. J’ai passé toute ma vie ici, et ca devient monotone. » Le sage insista auprès de la fille pour qu’elle lui dise précisément ou elle voulait aller. Celle-ci insista a son tour: « quelque part, n’importe-où, n’importe quel endroit ou je peux trouver du bonheur ». Alors le sage trancha net: « tu n’as pas besoin de savoir comment aller quelque part, tu y es déjà. »

On est aux anges lorsque quelqu’un lance des slogans sur les 5 chantiers (ou les grandes ambitions) sans que le peuple ne comprenne comment les financer, les échéances, les besoins en termes humains (capacités) que cela implique et surtout pourquoi ces 5 domaines et pas tel autre…La seule garantie reste: « je vais surprendre, faites-moi confiance, fermez les yeux et ne l’ouvrez qu’a mon signal ». Comme nos pasteurs le font durant les séances de « délivrance », nos guides politico-militaires ne veulent pas savoir qu’il y a des opportunités autour de nous, lesquelles opportunités nécessitent que des incitations soient mis en place pour en profiter. Avec nous comme leurs fidèles, nous sommes là, les bras croisés, le cerveau bien clos, en attendant la descente du bonheur par les anges français ou chinois déguisés en père Noel avec un sac plein des cadeaux, et le tout sous l’œil bienveillant des bailleurs de fonds. Ces derniers étant ces hommes qui ont traversé les déserts et les mers pour nous réconcilier avec la lourde dette étrangère dont on ignore tout des dégâts que nous avons vécus pendant son absence du fait, entre autre, de cette même stratégie d’endettement.
Il est plus important de savoir où l’on va plutôt que de courir derrière les agendas (destination) des autres en se laissant conduire par des soit-disant bailleurs des fonds qui ont visiblement des objectifs complètement différents des nôtres.

L’Afrique du Sud, L’ile maurice, ou le Kenya son complètement dans le processus d’ajustement visant a tirer profit de cette nouvelle donne. Ces pays, loin d’attendre, vont jusqu’à aider leurs entreprises a s’installer simplement en Chine. C’est la logique de la mondialisation. Même les petites entreprises ne doivent plus attendre que les multinationales les amènent la technologie, elles (les PME) doivent pousser des tentacules dehors et ainsi bénéficier des spill-overs depuis la source. C’est nouveau et ne gagneront que ceux qui feront ces gestes a temps.

Dieu merci, les Chinois nous vendent des guitares basses a moitie prix. Le bikutsi a encore de l’avenir…

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