Immigre-choisi au Canada : deux ans plus tard.

 

Il y a exactement deux ans jour pour jour, je posais mes valises à Montréal, après 9 années passées en France. C’était le 20 juin 2015. Je m’en souviens encore comme si c’était hier. L’adrénaline, l’excitation du nouveau départ, une page qui se tourne, un livre qui se termine. Nouveau chapitre, nouveau livre. Nouveaux personnages. J’étais amoureux de ma nouvelle vie avant même qu’elle n’ait commencée.

Sauf que…tout ne c’est pas passé tout à fait comme prévu. La vie m’a mise quelque claques dans la tronche, j’ai perdu un être cher avant même d’avoir eu le temps de le connaitre, des gens en qui j’avais foi aveuglément m’ont filé des coups de genoux dans les boules et m’ont envoyé balader pendant que j’me tordais de douleur au sol. Mais bon je ne les en veux pas! Chacun ne fait que ce qu’il croit être le bien. 🙂

Malgré cet atterrissage non sans turbulences, je m’en suis plutôt bien sorti. Parce qu’il n’existe rien de constant si ce n’est le changement. Et que celui qui ne sait pas s’adapter aux changements, est une espèce vouée à la disparition. Comme m’a dit Blackpsy, si vous échouez, au moins n’échouez pas les leçons.

Voici donc les lecons que j’ai tirés de mon expérience canadienne so far.

Écoutes ton intuition…et va où ton cœur t’emmène.

De mes conversations avec les aspirants immigrants, je me rends compte qu’il y a toujours une profonde confusion entre immigrer au Canada et immigrer au Québec. Moi-même je ne pensais qu’au Quebec à une époque. Sauf qu’en y regardant de plus près, et surtout après y avoir sejourné plusieurs fois occasionellement, J’ai très vite compris que le Québec (qui a mes yeux n’est finalement qu’une pâle version Nord américaine de la France) n’était pas pour moi. Avant même d’arriver au Canada, j’avais donc déjà en tête ma destination finale : Toronto, Ontario. Sauf que j’ai quand même atterri au Québec. Et que j’y ai passé pratiquement 6 mois à rien foutre de productif. Il m’a fallu un sursaut instinctif pour me décider à aller finalement à Toronto où j’ai trouvé mes marques en moins de deux semaines. Bref, to make a long story short, si j’avais suivi mon intuition et atterri directement à Toronto comme prévu plutôt que Montréal, j’aurais gagné un an. Such a wasted time!

Life is beautiful over here!

Si tu n’aimes pas la où tu es, bouge! Tu n’es pas un arbre.

Corollaire du point précédent. Mon premier boulot a Toronto, c’était dans une banque américaine connue. Boulot intéressant, mais pas assez à mon gout. D’ailleurs je ne l’avais accepté que parce que je venais d’arriver au canada et que ici, tout le monde se fiche de tes diplômes ou de ton parcours dans ton ancienne vie. Ce qui compte, c’est ton expérience canadienne. Tant que tu n’as jamais bossé au Canada, tant que tu n’y as pas côtoyé le milieu professionnel, ton cv a autant de valeur que le papier A4 sur lequel il est imprimé. J’avais donc un seul objectif : APPRENDRE, et VITE. Et il faut reconnaître que j’y ai appris beaucoup, en peu de temps. Aussi bien sur le fonctionnement de l’économie et du système financier canadien que sur les règles implicites du milieu professionnel. Les canadiens (et Nord américains en général) ont une façon de travailler totalement différente de ce que j’ai connu en France, et un rapport totalement différent à l’argent. Au bout de quelques mois, j’avais fait le tour et j’estimais qu’il était temps pour moi de passer à autre chose (sans savoir vraiment quoi) et surtout de doubler mes revenus afin d’être plus rapidement financièrement indépendant. Tout le monde me prit pour un fou lorsque j’annonçais ma démission sur un coup de tête, sans trop savoir ce que je ferais par la suite. D’auta plus que je venais a peine d’obtenir une promotion (au Canada on est tres rapidement jugé au résultat). Mais mon intuition me disait de le faire. J’avais retardé la décision de quelques mois à cause du brouhaha ambiant, mais finalement, dans un autre sursaut que seul les jeunes peuvent comprendre, j’ai remis ma lettre de démission à ma boss un vendredi soir. Coïncidence, j’étais contacté le lundi suivant par un chasseur de tête qui avait vu mon profil sur internet et me proposait une opportunité en or. Voila comment je suis passé de A à D, et que mon chemin au Canada se dessine sans trop d’efforts.

To make a long story short again, il faut croire en soi, en son étoile, son Dieu, son karma, peu importe.  Le mien n’a qu’une finalité : apprendre et expérimenter tout ce qu’il y a à apprendre en Occident et retourner en Afrique d’ici quelques temps. Et je n’ai absolument aucun doute sur l’issue.

Comme disais Steve Jobs, « Stay hungry, stay foolish ».

Neo.

5 Commentaires Immigre-choisi au Canada : deux ans plus tard.

  1. Thomas

    Salut Néo et merci pour cet article fort intéressant !

    Je compte également faire le grand pas d’ici qq mois, j’ai déja la RP en main mais j’appréhende un peu le départ (mélange d’excitation et d’inquiétude en réalité)
    Comment vit-on au Canada lorsqu’on est seul ? Comment faire ses premiers contact ? J’ai lu beaucoup de blog sur le Canada et j’ai remarqué que les gens qui y allaient étaient le plus souvent déjà en couple.

    Quelles sont les activités à privilégier pour rencontrer du monde lorsqu’on ne connait PERSONNE ?
    Sachant que j’ai 29 ans 🙂

    Merci encore !
    Thomas D

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    1. Neo

      Bonjour Thomas,
      Je crois que le fait de changer de pays est une expérience très personnelle et individuelle.

      Comment vit-on au Canada lorsqu’on est seul ? Les gens en amérique sont heureusement très ouverts (de ce que j’ai pu constater en tout cas). DOnc il est super facile de socialiser et de se faire des amis pour toutes sortes d’activités.

      Quelles sont les activités à privilégier pour rencontrer du monde? Je dirais les activités qui te plaisent/passionnent vraiment. il existe des clubs/associations pour quasiment tout. J’ai par exemple recontré pas mal de monde ici -> https://www.caufp.ca/ ou là -> http://manyattanetwork.com/ parce ce sont des gens qui partagent ma vision.

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