"Immigration choisie" à l'américaine : l'exemple Google.

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Laszlo Block est “Vice President People Operations” chez Google. Son métier est simple: trouver, recruter, développer et retenir au sein de Google les esprits les plus brillants de la planète. Mais Laszlo a un problème: la nouvelle politique d’immigration mise en place par l’ancienne Administration Bush en réponse au terrorisme est trop restrictive pour qu’il puisse satisfaire l’appétit insatiable qu’a Google pour les esprits talentueux…d’où qu’ils viennent. La firme Californienne est devenue si gourmande en cerveaux qu’elle fait passer le Gargantua de Rabelais pour un top-model anorexique. Laszlo (très américain comme nom n’est ce pas?) a donc décidé de prendre son courage à deux mains et d’aller plaider sa cause au Congrès: “DONNEZ MOI PLUS DE VISA H1-B BANDE DE….” L’opinion de Google en matière d’immigration est claire (et pas seulement Google d’ailleurs…): les États-Unis d’Amérique doivent accueillir BEAUCOUP PLUS d’immigrés qu’ils ne le font actuellement. Il en va de la compétitivité future de la première économie mondiale. Je poste ici la vidéo de son intervention, trouvée sur youtube. Pour les non-anglophones, la traduction française de son plaidoyer suis. Enjoy!

“C’est avec grand plaisir que je m’adresse à vous ce matin pour discuter de l’impact de la politique d’immigration des Etats-Unis sur Google et l’industrie High-Tech de façon plus générale.

Mon nom est Laszlo Block et je suis “Vice President of People Operations” chez Google. Je suis le responsable des initiatives globales qui visent à attirer, développer et retenir les collaborateurs les plus talentueux, et ceci d’où qu’ils viennent. Je suis absolument ravi qu’il me soit donné l’opportunité d’aider ce comité à mieux comprendre l’impact que peut avoir sur le terrain la politique d’immigration de notre pays.

Google a bénéficié très tôt de l’impact positif de l’immigration aux USA dans la mesure où le moteur de recherche que nous connaissons tous aujourd’hui est né de la rencontre de Larry Page et Sergey Brin. Ce dernier, ainsi que ses parents, ont fui l’Union Soviétique en 1979 quand Sergey avait 6 ans. Il est aujourd’hui un des entrepreneurs les plus admirés de la planète. Cependant, Google n’est pas la seule entreprise à avoir été fondée par un individu issu de l’immigration. Intel, eBay, Yahoo, Sun Microsystem, et beaucoup d’autres ont été crées par des des nouveaux arrivants que les États Unis ont accueilli les bras ouverts. Google a la chance d’avoir un grand nombre d’entre eux en son sein. Leurs présences (ainsi que celle de nos employés américains) est absolument vitale au bon fonctionnement de notre entreprise. A titre d’exemple, des titulaires de visas H1-B (Visa de travail, NDT) ont joué des rôles de premier plan dans le développement de “Google News” et “Orkut”, notre site de “social networking”. Des migrants provenant de pays comme le Canada, l’Iran et la Suisse sont aujourd’hui les leaders d’importantes fonctions de Google comme le Marketing et le Développement Produit au niveau global ainsi que la gestion de notre infrastructure informatique et de nos bases de données. Sans eux, Google et l’industrie High-Tech n’auraient pas rencontré le formidable succès qui est le leur aujourd’hui. J’aimerai mentionner le fait que je suis moi même immigré. Je suis venu enfant aux États Unis en compagnie de mes parents qui ont fui le régime communiste roumain. Ma mère est avec moi aujourd’hui. Je ne puis vous exprimer la fierté qu’elle en retire et l’humilité que m’inspire cet instant. J’aimerai mettre en évidence trois points qui sont, à mon avis, centraux.

Le premier, c’est que le succès de Google dépend uniquement de sa capacité a attirer les cerveaux les plus brillants.

Le deuxième, c’est que le recrutement et le fait de retenir ces “cerveaux” est absolument indispensable au renforcement de la compétitivité globale des États-Unis d’Amérique.

Le troisième, c’est que Google et l’ensemble de l’industrie High-Tech bénéficieront considérablement d’une amélioration de notre politique immigrations vis-à-vis des travailleurs étrangers, en particulier dans l’attribution des visas H1-B. Cette amélioration est essentielle si nous voulons continuer à innover et grandir. Je souhaiterai d’abord vous parler du rôle que jouent certains de nos collaborateurs.

Ils sont notre élément de compétitivité le plus important, le seul vrai ingrédient qui nous permettra de maintenir notre niveau de croissance et notre succès. Notre stratégie est simple: nous recrutons les meilleurs et nous les encourageons à faire de leurs rêves des réalités. Dans une économie basée exclusivement sur le savoir, le succès de chaque entreprise, petites et grandes, dépend principalement de la qualité de leurs talents. Nous sommes convaincus que l’avantage concurrentiel principal des États-Unis réside dans la capacité de ces entreprises à innover et créer les produits et services dont personne ne pourra se passer demain. Cette capacité serait d’autant plus grande s’il nous est donné accès à un vivier d’intelligences plus large. Aujourd’hui, environ 8% de notre effectif possède un visa H1-B qui leur donne la possibilité de travailler sur notre territoire pendant 6 ans. Ces “Googlers” représentent à eux seuls 80 nationalités. Si les 90% de nos employés qui sont citoyens américains ou résidents permanents nous donnent entière satisfaction, il est des domaines de compétences particuliers qui requièrent une recherche sur la totalité du globe. Nous ne pensons pas exagérer en disant que, sans ces collaborateurs, nous ne serons probablement pas capables d’inventer les produits qui révolutionneront les marchés de demain tel que le prochain Gmail ou le remplaçant de Google Earth.

J’aimerai vous donner deux exemples: Orkut Büyükkökten est né en Turquie. Il nous a rejoint au moyen d’un visa H1-B et a été le maître d’œuvre du développement de notre plateforme de “social networking” qui porte aujourd’hui son nom: Orkut. Krishna Bharat est né en Inde et a aussi été recruté par Google au travers d’un programme de visa H1-B en 1999. Il a été l’un des acteurs principaux de la création de “Google News” et est maintenant “Principal Scientist”. Si nous nous étions passés d’Orkut, Krishna et de tous les autres, nous n’aurions pas pu offrir de produits aussi innovants à nos utilisateurs. J’aimerai maintenant aborder les problèmes que nous posent la politique d’immigration de notre pays et l’effet dévastateur qu’elle a sur notre capacité à concurrencer le reste du monde.

Nous pensons qu’il est dans l’intérêt des États-Unis d’accueillir sur son territoire les individus talentueux nés à l’étrange rau lieu de les renvoyer dans leurs pays d’origine. Cela ne signifie pas pour autant que nous ne recrutons pas aux États-Unis. Bien au contraire, nous y créons des emplois tous les jours. Mais nous ne sommes pas les seuls à vouloir recruter des ingénieurs, des scientifiques et des mathématiciens. Aujourd’hui, bien plus qu’hier, nous sommes impliqués dans une guerre féroce dont l’enjeu est l’attraction des meilleurs talents sur le marché. La Chine, l’Inde et d’autres pays rattrapent rapidement leur retards sur les “Économies développées” et attirent de plus en plus d’individus aux compétences recherchées. En tant que “Vice President People Operations” j’ai pu expérimenté les effets néfastes que peuvent avoir nos politiques migratoires sur notre capacité de recrutement à l’international. Nous rencontrons tous les jours des difficultés à recruter les candidats les plus intéressants parce qu’il n’y a plus de visas H1-B disponibles.

C’est pour cette raison que nous encourageons le Congrès à augmenter significativement le nombre de visas H1-B, aujourd’hui plafonné à 65000 par an, pour atteindre un nombre qui soit plus en adéquation avec la croissance enregistrée par notre secteur. Au cours de l’année précédente, la politique restrictive des États-Unis nous a empêché de recruter 70 personnes hautement qualifiées. Mais au-delà de la révision du nombre de visas H1-B, nous sommes convaincus que le Congrès devrait repenser la façon dont notre pays délivre les “Green Cards” aux individus à fort potentiel. Pour conclure, nous espérons que ce Congrès tiendra compte de l’expérience de Google en matière de recrutement et du rôle essentiel que jouent nos politiques migratoires dans le maintien du leadership de notre pays dans le secteur Hight-Tech.  Merci.”

5 Commentaires "Immigration choisie" à l'américaine : l'exemple Google.

  1. youji

    je suis camerounais,agée de 29ans et titulaire d’un cap en plomberie,un probatoire en installation sanitaire,une terminale sans bac .mais un bac tchadien.j’ai fait le tour de beaucoup de site,mais,je me rend compte que les recruteurs n’ont pas besoin de nous,beaucoup de pays n’ont également pas besoin des plombiers et des installateurs sanitaire.je pense que si un pays en a besoin ,informé moi par ma boite email.

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  2. youji

    j’ai également vu au canada(quebec),certains metiers dans les quels figuraient la plomberie en construction et plomberie hors construction.mais ou devons nous déposer ou remplir le formulair en attendant peut etre le recrutement.

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