Comment l’héritage de l’esclavage et de la colonisation affecte les noirs d’aujourdhui
Il est des questions ici en occident, qui sont si complexes que le citoyen lambda tend à éviter tout débat dessus plutôt que d’admettre qu’il n’a pas de réponses. Mais comme nous sommes dans un environnement où le politiquement correct tend à devenir obsolète, je ne vais pas manquer d’aborder sur ce blog certains questions sensibles, et susceptibles de fâcher. Entre autres, l’immigration et le racisme.
En Amérique comme en Europe, de plus en plus de noirs naissent, grandissent, ou immigrent et vivent. À bien des égards, on peut affirmer que nous, les noirs, sommes assez bien intégrés à la société occidentale de plus en plus multiculturelle. Mais en même temps, nous sommes plus que jamais confrontés à des clivages raciaux qui semblent insurmontables.
Sans aucun doute, la partie la plus sensible/douloureuse de notre histoire reste l’esclavage. A ce sujet, la plupart des blancs, éprouvent tantôt de la gène, tantôt de la déculpabilisation. Soit ils ressentent de la honte vis à vis de cette période peu reluisante de l’histoire et n’osent pas aborder la question de peur de heurter les sensibilités, soit ils tentent de se déculpabiliser à travers des phrases du genre « je n’étais pas né! pourquoi devrais-je me sentir responsable des erreurs des ancêtres? il faut tourner la page! Tout ça c’est du passé! Pourquoi ne pas juste vivre tous ensemble dans le présent? ». Parallèlement, pour de nombreux noirs le sentiment d’être toujours opprimés, et une sorte de rancoeur vis à vis des blancs demeurent. Chose que beaucoup de blancs ont du mal à comprendre. Ainsi, les blancs eux, semblent avoir tourné la page, mais pas les noirs. Sans surprise donc, la plupart des discussions aujourd’hui se déroulent au sein de la communauté noire, bien que l’élection aux USA du premier président noir ait un peu élargi le champ de la discussion. Alors, l’esclavage et la colonisation continuent-ils de nous affecter aujourd’hui ? La réponse est bien évidement oui. Et comment ? Je vais vous le dire.
Conséquences sur les noirs d’Afrique
Le jeune africain connait beaucoup mieux l’histoire que l’Européen
Ce n’est un secret pour personne. La performance économique de l’Afrique depuis les indépendances a été médiocre. Les africains sont parmi les plus pauvres de la planète. Une des explications (parmi d’autres) de cette piètre performance réside dans l’histoire unique de l’Afrique, caractérisée par deux événements majeurs : l’esclavage, et l’impérialisme colonial. Un certain nombre d’études empiriques ont trouvé des preuve soutenant cette explication. Des études ont démontré que l’héritage colonial d’un pays et l’identité du colonisateur sont des déterminants importants du devenir économique. D’autres recherches ont également conclu que les faiblesses des institutions post-coloniales imposées arbitrairement (tracés des frontières, gouvernements…), expliquent une grande part du sous-développement actuel de l’Afrique.
Nathan Nunn, économiste professeur à l’université d’Harvard, a publié il n’y a pas longtemps un intéressant papier intitulé « Les effets à long terme de la traite des noirs ». N. Nunn a étudié les archives historiques, et extrait les chiffres relatifs au trafic d’esclaves depuis les différentes côtes africaines vers l’Amérique. Il conclut que « les pays africains qui sont aujourd’hui les plus pauvres sont ceux d’où ont été arrachés le plus d’esclaves ». Mais cela veut-il dire que c’est l’extraction des esclaves qui est à l’origine de la pauvreté de ces pays ? Nunn a quand même pris soin de nuancer sa conclusion. Ce sont peut être les pays africains qui étaient déjà assez chaotiques et corrompus pour soutenir le commerce des esclaves en premier lieu, qui ont pu continuer à souffrir économiquement pour ces mêmes raisons.
Il y a de nombreux autres fais passés qui continuent d’avoir un impact négatif aujourd’hui. Mais je ne vais pas tous les énumérer ici. Par exemple, je ne tiens pas compte des effets possibles de l’assassinat de nombreux leaders africains pendant la colonisation, de la diminution des populations autochtones pendant la traite négrière, du soutien des colons aux pires dictatures, ou l’impact des relations post-coloniales sur les relations économiques internationales actuelles.

Têtes décapitées de combattants nationalistes exposées en public
Le fait est que…les programmes d’Histoire à l’école en Afrique sont particulièrement explicites sur ces sujets. Le jeune africain qui étudie en Afrique, connait l’histoire de l’esclavage, de la colonisation, et des guerres d’indépendances plus que personne. Il connait son histoire récente comme le français connait celle de la guerre contre le Nazisme. Il a ses héros à lui, ses résistants face à l’occupation. Ruben Um Nyobe par exemple est pour les camerounais ce que Jean Moulin est pour les français. De même, Ana Mbande Zingha est pour l’actuel Angola ce qu’est Jeanne D’arc pour la France.
Dès lors la vision de l’histoire est fondamentalement différente pour celui qui vit en Afrique. Pour lui, l’occident a toujours représenté l’ennemi, l’occupant. Sauf que…
L’occident n’a jamais payé les réparations et la blessure est toujours vive.
Alors qu’on apprend que l’Allemagne paya de lourdes réparations destinées à couvrir les dommages ou blessures faites pendant les deux guerres mondiales, on se demande toujours quand est ce que l’occident reconnaitra ses crimes commis en Afrique et en paiera les dommages. Aucun pays occidental, n’a jamais reconnu officiellement ses crimes envers l’Afrique. C’est à peine si la France par exemple accepte de reconnaitre officiellement ses tords en tant qu’ancienne puissance esclavagiste. Et on ne parle même pas encore de la colonisation.
Ainsi pour beaucoup d’Africains, la page n’est pas tout à fait tournée, et un profond sentiment d’inachevé persiste. Cette attente engendre et nourrit de la rancoeur vis à vis de l’occident. Il n’est pas rare en Afrique francophone d’entendre les gens affirmer à haute voix leur « haine » pour la France et les français. De plus, le soutien (implicite) des gouvernements français aux dictatures locales depuis les indépendances n’arrange pas les choses. La politique françafricaine de l’Elysée continue d’entretenir chez l’Africain francophone cette « haine » et ce sentiment que l’occupation française continue… Difficile donc pour un africain francophone d’aujourd’hui de voir la France autrement que l « occupant ». Malheureusement, l’amalgame est très souvent fait entre les citoyens français lambda (qui ignorent tout des agissements de leur pays à l’étranger), et l’Etat français. Et certains de ces français qui n’ont rien demandé, se retrouvent pris dans cette spirale malgré eux et payent le prix de cette guerre.
Conséquences sur les noirs d’autres continents.
De l’autre coté, la plupart des noirs nés ét élevés en occident bien qu’ayant conscience d’être descendants d’un crime, méconnaissent l’histoire (l’enseignement scolaire occidental n’est pas très précis sur ce sujet, sauf aux USA). Contrairement à l’afro américain, l’afro-français est donc presque aussi ignorant de l’histoire qui le lie à la France, que le jeune français blanc avec qui il a été à l’école.
Aux USA : luttes, reconnaissance, réparations.
L’esclavage aux USA a pris fin en 1865, suivie de la reconstruction, qui s’est terminée en 1877. Les esclaves libérés, qui avaient passé leur vie à attendre qu’on leur dise quoi faire, conditionnés à obéir plutôt qu’à penser, ont été subitement abandonnés à eux-mêmes et ont du faire face à « la liberté ». Dans The « Ethnic Myth », Stephen Steinberg écrit que « les ghettos sont rien de moins que le résidu honteux de l’esclavage ». De nombreux chercheurs blâment l’esclavage pour la plupart des maux de la communauté noire, telles que le faible niveau d’instruction, la pauvreté, et la violence chez les jeunes. Certains points de vues plus radicalisés, affirment que « L’esclavage est responsable de l’énorme fossé entre noirs et blancs en Amérique ». Cette vidéo résume d’ailleurs parfaitement le point de vue de ceux qui revendiquent des réparations.
Et des choses ont été faites. De nombreuses avancées ont été faites aux USA, pour tenter de réparer les injustices de l’histoire. Par exemple, l’instauration de l’Affirmative Action, l’élévation d’icônes telles que Martin Luther King ou Rosa Park aux rangs de héros nationaux, la construction de mémoriaux, l’apparition d’écoles et d’universités privées dans les communautés noires pour combler les lacunes de l’éducation publique, la création de nombreux départements et centres de recherches universitaires sur le sujet, etc. D’ailleurs toutes les prestigieuses universités américaines (Harvard, Princeton, Yale…) ont des départements entiers dédiés à l’étude des cultures et civilisations noires.

Howard University à Washington DC , surnommée la "Black Harvard"
On ne peut plus nier que l’esclavage ait affecté la civilisation américaine d’aujourd’hui. Le différend demeure sur la définition de cet effet et sur la façon d’aborder cette question. Bien que 150 ans puissent paraître longs, l’Amérique est jeune et le temps seul marquera le changement, comme il l’a fait historiquement. On peut juste espérer que tous les Américains continuent à discuter et à travailler ensemble vers un avenir commun. Les noirs américains d’aujourd’hui se sentent d’ores et déjà AMERICAINS avant d’être noirs.
En France: amnésie…
En France par contre, bien que les noirs représentent une bonne part de la population, il n’existe pas (ou peu) de publications sur leur place dans l’histoire de la France. La France donc, fidèle à ses principes républicains, refuse de reconnaitre les spécificités des peuples qui la composent. L’assimilation culturelle est très forte, et on tente de convaincre les descendants d’Africains et d’antillais qu’ils sont « français ». Même si la définition de « français » dans l’inconscient collectif demeure majoritairement « descendants de Gaulois ». Alors, comment concilier ces « nouveaux français » avec une France qui a derrière elle des millénaires d’histoire ? Voilà la question qui devrait être posée sérieusement…mais qui malheureusement ne survient que lors des élections.
Beaucoup de noirs en Europe ne sont là que depuis maximum…deux générations seulement. Deux générations, c’est très peu! Alors, ils se mettent tôt ou tard dans une démarche de « quêtes de leurs racines ». Cette démarche se fait toujours en dehors du système, car il n’existe quasiment aucun moyen d’apprendre l’histoire des noirs à l’école. Et plus ils vont loin dans cette quête, plus ils découvrent des réalités (passées et présentes) qui leur avaient été cachées (ou minimisées). Ils apprennent des choses que le noir d’Afrique a appris. D’où ils viennent, qui étaient leurs ancêtres, comment ils se sont retrouvés en occident…et plus ils apprennent des choses, plus ils en veulent à leur pays pour n’avoir jamais « assumé » cette partie de leur histoire. Ne se sentant tout à fait intégrés ni à l’Afrique (d’où ils ont été déracinés) ni à l’Europe (qui puise ses racines dans le moyen age), ils sont très souvent dans un état de tiraillement intérieur… à la fois occupants, et occupés. Certains se radicalisent, et choisissent purement et simplement l’un ou l’autre camp.
Alors, la prochaine fois que vous assisterez à un débat sur les noirs ou sur le racisme, n’oubliez pas que la façon de voir les choses ne dépend que de la position de laquelle on les voit. L’africain lambda ignore beaucoup de l’histoire de l’Europe tout comme l’Européen lambda ignore beaucoup de l’histoire de l’Afrique.








Dommage que le texte ne semble pas avoir été relu (cfr les nombreuses fautes d’orthographe élémentaires) sinon, c’était intéressant comme point de vue.
@ Christelle,
Désolé! Je ne suis pas toujours à cheval sur l’orthographe. Par contre, ne crois tu pas qu’il serait plus judicieux de pointer directement les fautes relevées plutôt que
jede juste dire qu’il ya des fautes?jE n’arrive pas à comprendre comment le seul commentaire que quelqu’un puisse faire surbun sujet
aussi important soit au niveau de l’orthographe.
Quand un sujet ne m’intéresse pas ,je ne le commente pas.
jE NE SUIS PAS TR2S SURE QUE LES aFRICAINS CONNAISSENT TELLEMENT cette histoire là aprés discussion avec eux.
Les Antilles ne sont pas seulement la Martinique etla Guadeloupe.
@ Monique
Quelle partie de « intéressant comme point de vue » ne comprenez-vous pas exactement?
Et je suis désolée si je suis la première personne a vous l’apprendre mais la forme d’un message a autant d’importance que le contenu pour juger de la pertinence et du sérieux de ce dernier.
Ensuite, libre à chacun d’ignorer les convenances en matière d’orthographe.
Ayant trouvé le post intéressant, je trouve cela dommage de ne pas pouvoir le transmettre à mes connaissances à cause du manque de soin apporté à la forme.
@ Neo :
Le correcteur orthographique de Word ou autre aurait pu enlever les principales
Bien à vous.
Sans chercher à me trouver des excuses, je dirais que :
Primo, le français n’est pas ma langue maternelle, et je n’utilise pas nécessairement un ordinateur francophone.
Secundo, je préfère maitriser approximativement 3 langues que parfaitement une seule.
Tertio, j’ai tenu compte des remarques et essayé de corriger les fautes. Et même si je ne l’avais pas fait, je trouve juste dommage que la forme ai autant d’importance (au point d’être une raison de ne pas la partager). Tu vis en France je suppose!
C’est drôle parce que le même article a été publié en anglais (approximatif) sur un forum anglophone et devines quoi? ZERO remarque sur la « forme » mais pleins de remarques sur le fond. Comme disait l’autre, « Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt ».
Inutile de faire dans le dicton insultant….Sur un forum anglais cela n’a suscité aucune réaction car nous ne sommes pas au même niveau de valeur culturelle par rapport à la langue. Le français attache, limite, un fétichisme à la forme écrite et orale de la langue.
Ainsi, en français, la forme est tout aussi importante que le fond car beaucoup de choses sont en jeu autour de cet attachement à la forme. Donc, cela n’est pas comparable, il faut composer avec cette partie culturelle quand on pratique une langue (bon j’ai fini mon cours de socio linguistique. Bourdieu, sors de mon corps!).
Sinon c’est vrai les Noirs en France doivent redoubler d’effort pour avoir accès à leur histoire, j’ai pu constater que ce n’est qu’à partir d’un certain âge (proche de la vingtaine) que les Noirs commencent à s’intéresser à leur Histoire et à comprendre l’importance de celle-ci. De plus, cela ne se fait pas naturellement mais souvent grâce à une rencontre ou par acte de volonté marqué…
Je ne suis pas d’accord avec les recherches de l’économiste d’Havard: « les pays africains qui sont aujourd’hui les plus pauvres sont ceux d’où ont été arrachés le plus d’esclaves ». Que doit-on conclure pour le Congo RDC? l’Ethiopie? l’angola? Le Soudan? Y a t-il vraiment un lien de traite négrière et la situation actuelle des économies africaines? Moi je ne crois pas. Je crois plutôt au lien avec l’héritage colonial même si la donne est en train de changer (le rapprochement du Cameroun avec la Chine).
Je ne suis pas d’accord avec toi: je trouve que le programme d’Histoire devrait être approfondi car l’histoire qu’on nous apprend à l’école en Afrique est gommé de certains aspects comme les indépendistes.
Le plus grand défis des noirs aujourd’hui est de sortir de l’asservissement culturel de l’occident. Que tous les jeunes Africains connaissent les enjeux stratégiques de notre continent: l’union africaine, la monnaie…Quelle Afrique voulons nous dans 100 ans? Quelle système politique? Quel système éducatif? Quel rôle jouer dans la mondialisation? Quels sont nos forces? Quels sont nos faiblesses? Qui doit être notre allié? Qui sont nos ennemies? Quels armes disposons nous pour les vaincre?…
J’avoue avoir lu de bout en bout cet article sans avoir remarqué les fautes d’orthographes. Quand on pratique plusieurs langues dans la blogosphère, des manquements orthographiques c’est légion! Quoique cela ne soit pas une excuse, c’est faire du tort au contenu que de relever ce genre de manquement qui plus est ce fait ne précise pas les fautes en question. Dans le temps cours de l’hypermédia, on blogue rarement avec un traitement de texte…