Pourquoi l'Afrique pourrait ne jamais produire un Facebook, un Google, ou un Groupon

L’Afrique a ses Mark zuckerberg (Facebook), ses Larry Page (Google), ses Bill Gates (Microsoft), ses Andrew Masons (Groupon). Mais il lui manque ses John Doerr, ses Bob Kagle, ses Paul Graham. Ces derniers noms ne vous disent peut être rien, mais sans eux, les entreprises citées n’aurais jamais existé. C’est qui eux? Il s’agit tout simplement de riches investisseurs à la tête de sociétés de Capital-risque (plus connus sous le nom de Venture Capital) qui mettent leur argent dans des entreprises en phase de création.

Voilà donc ce qui manque à l’Afrique. Des moyens financiers pour soutenir les entrepreneur porteurs de projets intéréssants. C’est en tout cas l’avis du blogueur d’origine nigériane Mfonobong Nsehe dans son article sur le site web du magazine Forbes. L’Afrique regorge d’entrepreneur, en particulier dans le domaine des technologies. Et la plupart de ces entrepreneurs ont des projets, un business plan solide, et une stratégie marketing à toute épreuve. L’an dernier par exemple, John Waibochi, développeur de logiciels pour mobiles et entrepreneur originaire du Kenya, a battu plusieurs autres développeurs de logiciels originaire des États-Unis, du Canada et d’Inde et a remporté le Nokia Innovation Challenge Award. Il a reçu en plus de son prix la coquette somme d’un million de dollars. Aujourd’hui, son entreprise VirtualCity qui est pionnière sur le marché, développe un logiciel mobile extrêmement populaire en Afrique de l’Est. Ensuite, il y a Mark Shuttleworth, un sud-africain passionné du Web qui a fondé Thawte, un certificat de sécurité Web. Thawte est devenu un tel succès qu’il a été rachetté par VeriSign pour 575 millions de dollars.

Les africains peuvent créer des produits technologiques à succès. Il y a de nombreux entrepreneurs qui attendent de percer, mais leurs idées pourraient ne jamais voir le jour en raison d’absence de financement d’amorçage. C’est la raison pour laquelle l’Afrique pourrait ne jamais produire un Facebook, un Groupon, un Zynga ou un Google: Il n’ya pas de sociétés de capital-risque en Afrique pour financer ce type de projets. C’est malheureux. Et même s’il ya des chances qu’elles existent réellement, elles possèdent un mépris flagrant de la technologie et du rôle crucial qu’elle va jouer dans l’avenir. En conséquence, elles ne sont pas disposés à financer ce secteur et lui donner la reconnaissance qu’elle mérite.

Et pourtant, L’Afrique connaît une renaissance grâce aux nouvelles technologies. J’avais déjà écrit il ya quelques années un article sur l’impact des nouvelles technologies en Afrique. Les dernières révolutions en Tunisie et en Egypte m’ont donné raison. Plus que jamais, la population est de plus en plus interconnectée, plus dépendante du Web. Avec le bon financement, nos entrepreneurs sont capables de placer l’Afrique sur la carte mondiale de l’innovation technologique.

L’Afrique a besoin de capitaux-risqueurs tels que Y-Combinator qui croient et soutiennent les rêves d’entrepreneurs. Les entrepreneurs d’Afrique sont tout aussi intelligents, doués et visionnaires;  et s’ils sont soutenus ils peuvent transformer de grandes idées en entreprises de taille mondiale et rentables qui changent le monde.

l’Afrique a également besoin de créer un écosystème technologique comme la Silicon Valley afin de permettre aux success stories actuelles de financer celles de la prochaine génération.

On peut y arriver.

4 Commentaires Pourquoi l'Afrique pourrait ne jamais produire un Facebook, un Google, ou un Groupon

  1. Herve JIbidar

    C’est vrai qu’en Afrique nous disposons de beaucoup de potentiel.Personnnelement je pense que la seule façon d’avoir un financement pour ce genre de projet serait de participer par exemple à Android Developper Challenge qu’organise Google pour ce qui est des applications mobiles ou encore de développer des applications pour ces géants du net que sont Facebook , Yahoo et bien d’autres.
    Je vois mal des africains investir dans ces projets puisqu’ils ont une fâcheuse habitude à faire des projets qu’à courts termes.

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  2. Neo

    @ Hervé,

    Tu as tout à fait raison. JE disais récement dans une discussion sur facebook que les développer africain devraient mieux se faire connaitre en participant aux écosystèmes qui son construise autour des projets open source tel que Android, WordPress, etc… J’ai rarement vu ou entendu parler d’une appli iphone, android ou d’un plugin wordpress développé par un africain. Pourtant ça existe.

    Dans les communauté online auxquelles je participe ponctuellement, je vois rarement de dévellopeur africains, contrairement aux indiens, pakistanais, et bangladeshi qui pullulent.

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  3. oswald

    Bonjour, « Neo »,
    Pour moi , il y a une condition crucial pour le développement de l’Afrique : le Fédéralisme.
    Parce la politique économique d’un seul ou deux pays africains ne peut suffire à peser sur le marché mondial…(Nigéria et Afrique du Sud)
    Oui , je veux bien parler du projet d’États-Unis d’Afrique de Feu Khadafi…..
    Ainsi les richesses du sol et sous-sol appartiendront à tous les Africains , le tout saupoudré d’ un protectionnisme virulent…..
    Mais bon avec les dirigeants corrumpus , ( pour l’instant ) il y a peu d’espoir…Triste….

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    1. Neo

      @Oswald,

      J’ai souvent répété dans mes articles (comme ici) que le fédéralisme était à terme inévitable. Notamment si nous africains envisageons un jour de briller à l’échelle mondiale.

      Avant même d’arriver aux dirigeants, ce serait déjà bien que les citoyens lambda cessent de voir leurs voisins comme des étrangers. Je reste méfiant vis à vis de tout dirigeant africain. Je pense que le progrès de viendra pas de quelques réunions des salons feutrés de paris ou Washington mais des initiatives citoyennes comme Ushahidi, ou des entrepreneurs comme Verone Mankou au Congo.
      Avec la technologie, les frontières deviennent de plus en plus virtuelles. Il est plus facile que jamais d’échanger et partager grace aux réseaux.

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