Le meilleur moyen de résister à la tentation, c’est d’y succomber

Cet article m’a été inspirée par une amie qui s’est confiée à moi récemment. Mariée et mère de famille depuis de nombreuses années, elle avait rencontré récemment dans un cadre professionnel, un jeune homme charmeur avec qui elle avait eu une liaison extra conjugale. Bref, to make a long story short, cette relation avait totalement bouleversé ses sens, elle et son amant étaient tombés fou « amoureux » et mon amie envisageais maintenant de divorcer de son mari pour aller vivre avec son nouvel amour. Tout a coup, elle trouvait beaucoup de petits défauts à son mari et beaucoup de grandes qualités à son amant. Ah l’amour la passion, quand tu nous tiens!

Mon amie donc à la recherche d’une oreille attentive sans aucun jugement moral, et surtout de soutien dans cette transition difficile, s’était tournée vers moi. Il faut dire que si je suis particulièrement libéral dans mes réflexions et mes prises de positions, je ne manque jamais de rappeler que jouir de sa liberté est bien plus difficile que vivre selon les normes et les traditions. Car qui dit liberté dit responsabilité. Et peu de gens ont les épaules suffisamment solides pour assumer à 100% les responsabilités que leur confèrent leur propre liberté. Quand tu es libre, et que tu échoues, tu ne peux accuser personne. Tu es SEUL responsable de tes malheurs. Mais quand tu te conformes aux règles et que ça se passe mal, là au moins tu as quelqu’un à blâmer pour te sentir mieux : la société, tes parents, ton boss, ton conjoint, etc.

Je n’ai pas manqué de rappeler à mon amie que son problème était qu’elle faisait face à un dilemme moral : quitter son mari et bouleverser la stabilité de sa famille et ses enfants pour poursuivre son bonheur (selon la définition qu’elle s’en donnait); ou bien rester et être malheureuse en vivant avec le regret d’une vie alternative imaginaire. Mais celle ci avait relativement déjà prise sa décision…et n’était pas ou plus vraiment en train de se poser de questions. Surtout, de mon regard d’observateur externe, elle semblait quelque peu surestimer les qualités de l’être désiré et minimiser ses défauts. En plus, elle trouvait tout à coup des manquements à son mari (qui était pourtant il y a peu un homme merveilleux qui la comblait), un peu comme pour rationaliser sa décision. Bref, elle n’était pas en train de prendre une décision mûrement réfléchie, et toute tentative de la raisonner était vaine car ce n’était simplement pas le moment (on ne raisonne pas une femme amoureuse. lol). Ce qui m’a conduit à rédiger ce billet. 

Après la tentation, la déception…?

Pourquoi quand on obtient une chose qu’on a tant désiré, on est bien souvent déçu ?

La réponse est simplement parce qu’on se rends compte que ce qu’on désirait tant n’était pas si fameux que ça et que notre désir avait déformé notre jugement. Les économistes appellent ça le concept « d’utilité marginale« . Quand tu as soif, tu es prêt à beaucoup de sacrifices pour avoir un verre d’eau. Mais après avoir bu ce 1er verre, tu es beaucoup moins disposé à payer autant pour le 2e verre, et encore moins pour le 3e verre après avoir bu le 2e, et ainsi de suite… en résumé, à chaque verre consommé, l’utilité apportée par un verre supplémentaire décroît si bien que le dernier verre n’a presque plus de valeur à tes yeux. Le rapport de ceci avec les relations de couple ? C,est simple : si un gars te fais la cour avec assiduité, ce n’est bien souvent que parce qu’il na pas encore vu ta couleur de ta culotte. Si les nouvelles rencontres ont le don de nous faire perdre la tête, de nous rendre aussi amoureux et passionnés nous faisait presque faire des folies, c’est simplement une manifestation de notre soif, de notre désir inhérent de nouveauté.  Il y a une très faible probabilité que l’engouement persiste après quelques parties de jambes en l’air au mieux, ou après 10ans de mariage et 3 enfants au pire. Les couples qui durent l’ont compris : les véritables relations profondes et durables ne reposent pas sur les émotions et les sentiments éphémères. Malheureusement, nous humains aussi intelligents et doués de raisons que nous sommes, demeurons prisonniers de nos émotions et de nos désirs éphémères. En fait même, celà a été démontré que plus les gens sont intelligents, plus ils sont suceptibles de prendre les mauvaises décisions quand ça implique l’émotionnel. Ce qui m’emmène au concept de la rationalité limitée.

Accepter ses limites…

La « rationalité limitée » est un concept tr`s utilisé en economie et en psychologie, selon lequel les gens disposent de ressources limitées (temps, informations, argent, capacités cognitives) pour trouver des solutions aux problèmes. En d’autres termes, l’être humain est rationnel (si une femme préfère Pierre à Paul et Paul à Christian, on peut en déduire logiquement qu’elle préférera Pierre à Christian). Sauf que face à un choix complexe (comme décider de la personne dont elle tombera enceinte), dans une situation d’incertitude, et ce en un laps de temps lui-même réduit, l’être humain dont les ressources pour raisonner  sont limitées, ne recherchera pas le choix idéal mais s’arrêtera généralement à la 1ere option suffisamment satisfaisante pour elle, même si ce n’est pas la meilleure. 

La « rationalité limitée » aboutit aussi en matière de relations à des décisions non optimales en matière de choix de partenaires, avec des attitudes suscitées plus par l’émotion que par la réflexion, amenant à des craintes excessives ou au contraire à un déni des dangers et à une trop grande confiance et une banalisation, à l’origine soit de surprotection inutile, soit de sous-protection néfaste. Bref, qui a dit qu’être libre était simple ?

 

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